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JUSTINE MERIEAU - ECRIVAIN


20/04/2008 : Quelques sites référenceurs de blogs


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05/04/2008 : Film Fitna, du parlementaire hollandais Geert Wilders : point de vue d'un professeur de philosophie de la loi à  l'Université de Leiden aux Pays-Bas...
VOIR VIDEO FITNA EN FRANCAIS :
http://www.dailymotion.com/bivouac-id/video/x4vfdf_fitna-version-francaise-geert-wilde_news

L'ISLAM ET LA CRITIQUE
Par Afshin Ellian, professeur de philosophie de la loi à  l'Université de Leiden- Pays Bas – a dà» fuir l'Iran en 1983

Paru dans le Wall Street Journal du 31 mars 2008.
Traduit par Albert Soued,
www.chez.com/soued pour www.nuitdorient.com/n1514.htm

Le documentaire Fitna sur le Coran est arrivé. Le parlementaire hollandais Geert WIlders a mis son film de 15 minutes sur le Net, la semaine dernière. Mais des semaines avant que personne ne l'ait vu, le drapeau hollandais a été brà»lé partout dans le monde islamique. Le si peu démocratique parlement Iranien a décrété un boycott des Pays Bas et les sites liés à  Al Qaeda ont appelé à  des attaques terroristes. Les Américains sont aujourd'hui habitués à  ce que des "barbus" enflamment leur drapeau. Mais pas les Hollandais. En réponse, le gouvernement hollandais a élevé le niveau de sécurité au maximum, alors que son 1er ministre Jan Peter Balkenende a pris ses distances vis-à -vis du film. Jusqu'au dernier moment, il avait demandé à  Mr Wilders de ne pas projeter son film.

Le message de "Fitna" est que le Coran est une inspiration vivante pour les Jihadistes. Selon le film, sans les passages violents du Coran, il n'y aurait pas de terrorisme islamique. Mr Wilders présente des versets du Coran parallèlement à  des discours de haine d'Imams et des images vidéos de terreur islamique – allant du 11/9 à  l'attentat des trains de Madrid en 2004 et à  celui de Londres l'année suivante. Il utilise des séquences vidéo montrant une décapitation d'un otage par des terroristes musulmans. Il montre aussi le dessin danois le plus controversé, qui a déclenché les manifestations à  travers le monde il y a 2 ans, celui d'un Mahomet dont la tàªte va exploser.

Depuis fort longtemps, l'Occident a appris à  critiquer, et màªme à  se moquer de la religion. Pensez à  des films comme "la vie de Brian" ou le "da Vinci Code", ou des textes plus sérieux sur la chrétienté, comme ceux de Nietsche, "Dieu est mort", qui fait partie de la culture populaire. La concurrence des idées est fondamentale pour le mode de vie occidental. Le monde islamique n'a pas l'habitude de ce genre de controverses.

Comme dans d'autres pays, les terribles attaques du 11/9 ont soulevé aux Pays Bas des interrogations existentielles, et le débat se poursuit encore aujourd'hui. Il en est résulté l'avancée politique de Pim Fortuyn, écrivain et ex-professeur d'université, flamboyant et ouvertement homosexuel. Cet homme avait fulminé contre les cà´tés obscurantistes de l'Islam politique – le terrorisme, l'assujettissement des femmes et des homosexuels et l'antisémitisme. Son meurtre en 2002 par un extrémiste de gauche a été perà§u comme un assaut contre l'ordre démocratique hollandais. Le choc a été aggravé en 2004 quand à  Amsterdam, capitale de la liberté et de la tolérance, un Musulman hollandais d'origine marocaine a abattu et presque décapité Theo Van Gogh, un cinéaste. L'assassin a déclaré que l'Islam lui avait demandé de tuer cet homme, car il avait tourné un film court qui critiquait le mauvais traitement des femmes en Islam. Après le meurtre, la collaboratrice du cinéaste, Ayaan Hirsi Ali, une parlementaire d'origine somalienne, a été mise sous protection de la police 24h/24. Quand celle-ci a été amenée à  partir vivre aux Etats-Unis en 2006, Geert Wilders a repris le flambeau. Celui-ci a une position dure à  l'égard de la terreur islamique et il a demandé l'arràªt de l'immigration en Hollande, au moins jusqu'à  l'intégration complète des Musulmans qui y habitent. Certains de ses arguments sont de la pure polémique Ainsi par exemple, il déclare que le Coran est un livre "fasciste", et comme "Mein Kampf" est interdit de publication en Hollande, le Coran devrait aussi àªtre interdit. On peut débattre du contenu du Coran, mais de là  à  l'interdire, il y a du chemin.

En fait les remarques courageuses de Mr Wilders ont entraà®né un débat constructif autour du Coran et de l'Islam aux Pays-Bas, débat le plus vigoureux qu'on ait eu dans aucun autre pays, occidental ou musulman. Aussi peu confortable qu'il soit pour les Musulmans de ce pays, ce débat peut les aider à  voir leur religion sous un Å“il plus critique. Malgré l'attrait croissant de l'Islam radical, la participation politique des Musulmans modérés croà®t aussi, signe positif pour leur intégration. Pour la 1ère fois dans l'histoire de ce pays, 2 Musulmans sont dans le cabinet et les Musulmans ont réagi calmement à  la diffusion de Fitna. Pas de manifestation ici, ni pacifique, ni violente. Peut-àªtre que c'est la preuve que l'à¢pre débat a aidé les Musulmans de Hollande à  comprendre les valeurs occidentales.

Mais le problème n'est pas le film de Mr Wilders ou s'il a incité à  la haine ou non. Le vrai problème est de savoir si nous sommes capables de défendre nos valeurs contre l'intolérance de l'Islam radical. Certains ont demandé l'interdiction du film Fitna, sans l'avoir vu. C'est déconcertant! Surtout que la loi hollandaise interdit la censure a priori.
Un courant dans la société occidentale prà´ne l'apaisement, il s'agit d'un mélange de nihilisme européen, d'une haine de soi et de timidité. Ce n'est pas la force de nos ennemis, mais c'est notre faiblesse qui va nous ruiner.
Si jamais Fitna mène à  des violences et des protestations contre les Hollandais, l'Europe sera, je l'espère, plus solidaire qu'elle ne l'a été avec les Danois, du fait de leurs dessins. Toute faiblesse dans la résolution pour défendre l'ordre légal de la démocratie devrait àªtre perà§ue tel qu'elle est: trahison et là¢cheté.

Note de www.nuitdorient.com

La plupart des séquences vidéo de ce film Fitna sont connues depuis longtemps, elles sont dans nos archives et existent sous différentes formes sur le Net. L'auteur de ce film n'a fait qu'alterner vidéos et pages du Coran. Or les versets du Coran qu'il a reproduits sont véridiques et correctement traduits. Le réalisateur n'a fait qu'illustrer des pages du Coran o๠il a repéré des versets iniques, par des images et des vidéos qui leur correspondent. Alors o๠est le mal ?

Ainsi par exemple, comme le préconise un site arabe Al-Ekhlaas d'al Qaeda, selon la sharia' on devrait décapiter Geert Wilders, l'auteur du film Fitna, du fait qu'un Musulman peut se sentir calomnié. Or justement son film montre la décapitation du journaliste Daniel Pearl, parce qu'il a reconnu qu'il était Juif, et, selon le Coran et la Sharia', un Juif est un infidèle méritant la décapitation, s'il n'est pas soumis et dhimmi. Un Juif, fier de l'àªtre, est considéré comme arrogant par tout Musulman qui se respecte, et il mérite selon le Coran la mort par lapidation ou décapitation.

De màªme n'enseigne-t-on pas la haine du Juif aux enfants de 2 ou 3 ans, dans les écoles Palestiniennes, comme le montre ce film court? Le film est la photographie de la réalité. De quoi a-t-on peur ? Que le monstre se déchaà®ne? Mais il est déjà  parmi nous: c'est l'obscurantisme qui est en train de nous ravager petit à  petit, par la désinformation et en bà¢illonnant la liberté de s'exprimer, quitte à  laisser s'exprimer librement et massivement l'Islam radical qui correspond à  10% de l'Islam, selon des sources bien informées, soit 130 millions de personnes…



http://wwwmerieau-ecrivain.blogspot.com/2008/04/film-fitna-du-parlementaire-hollandais.html


31/03/2008 : Témoignages de Franà§ais vivant en Israà«l



Par Raphaà«l Perrodin
raphaelperrodin@hotmail.com

J'envoie souvent des messages importants, provenant de sources diverses, concernant la situation ici en Israà«l, pour cette fois j'ai fait l'effort d'écrire moi màªme ce que j'avais sur le cÅ“ur. Vous pouvez transférer ce message à  d'autres personnes qui ne sont pas encore très informées sur ce qui se passe ici.

Vivant moi màªme en Israà«l depuis 20 ans et ayant deux garà§ons dans des unités combattantes de Tsahal, (un encore actif et l’autre réserviste), je voudrais donner [ou redonner] quelques précisions très importantes concernant la situation ici, que la plupart des médias dans les nations ne donnent pas.

Israà«l est sorti de la bande de Gaza il y a deux ans et demi, tous les villages Israéliens qui pour beaucoup donnaient du travail aux palestiniens dans l’agriculture ou autre ont été démantelés laissant cette bande de terre à  l’Autorité Palestinienne, reconnue par Israà«l et par les nations, pour diriger le peuple palestinien et y établir l’ordre et la justice.

Malgré les aides financières très importantes reà§ues des nations, cette Autorité n’a pas été capable de maintenir un bon niveau social pour ses habitants, mais également et surtout, d’imposer le calme et la soumission aux bandes armées islamistes extrémistes, dont la plus importante est le Hamas, soutenu par le Hezbollah du Liban, la Syrie et l’Iran.

Après la sortie d’Israà«l de la bande de Gaza, le Hamas et autres organisations qui ne reconnaissent pas l’existence de l’Etat d’Israà«l, ont commencé à  lancer des roquettes et missiles sur le sud d’Israà«l.
Par la suite, faisant rentrer de plus en plus d’armes par l’Egypte, pays frontalier avec la bande de Gaza, le Hamas est devenu de plus en plus puissant et a chassé d’une manière violente, meurtrière et barbare l’Autorité Palestinienne et sa police. Depuis lors, le Hamas a pris le contrà´le de Gaza et y impose une dictature islamiste.

Les tirs de roquettes et missiles sur Israà«l se sont alors intensifiés visant la population. L’armée d’Israà«l a dà» intervenir pour protéger sa population et a fait des incursions par air et par terre pour neutraliser ces lanceurs de missiles et leurs commandants.

Dans ses actions, l’armée fait attention à  ne pas toucher la population civile palestinienne, mais c’est difficile car le Hamas utilise la population comme bouclier humain et a màªme un grand intéràªt à  ce que cette population soit touchée pour utiliser cela comme propagande anti-israélienne auprès des arabes et des nations ! Et à§a réussi bien car les médias étrangers sont de bons véhicules pour cela !
Lorsque des civils palestiniens sont touchés, Israà«l s’excuse officiellement et précise que son but n’est pas de faire du mal à  la population, mais de stopper les lanceurs meurtriers de missiles.

Des dizaines de missiles sont envoyés presque chaque jour sur les villages et villes du sud d’Israà«l. Grà¢ce a Dieu il y a beaucoup de miracles de protection, mais malheureusement il arrive que des Israéliens soient blessés gravement ou tués, et dans ce cas, le Hamas exulte de joie et màªme la population civile de Gaza fait la fàªte.

Les terroristes islamistes palestiniens voudraient s’attaquer aux dirigeants Israéliens mais comme ils n’y arrivent pas, ils se tournent vers des proies plus faciles et sans défense, comme par exemple jeudi dernier ce terroriste qui est rentré dans une école religieuse à  Jérusalem et a mitraillé des jeunes étudiants, tuant et blessant plusieurs d’entre eux. Heureusement, un réserviste était dans les environs avec son arme et a tué le terroriste avant que le carnage ne devienne plus important.

Nous voyons bien la différence : d’un cà´té Israà«l veut supprimer les terroristes pour que la paix vienne sur les deux peuples, envisageant màªme de donner un Etat indépendant aux Palestiniens, et de l’autre cà´té, les islamistes palestiniens veulent anéantir la population Israélienne. Alors dans cette situation, qui sont les criminels de guerre ?

Je trouve étrange que le monde accuse si facilement Israà«l, et de ce fait donne une justification aux islamistes.

Concernant l’attentat terroriste de jeudi dernier dans l’école, je voudrais préciser que le terroriste était arabe Israélien, c’est à  dire résident en Israà«l et recevant les droits d’un citoyen.
Il y a beaucoup d’arabes qui bénéficient de la citoyenneté israélienne.

Récemment j’étais dans un petit bureau de poste à  cà´té de mon travail en vieille ville de Jérusalem et il y avait une file composée d’hommes et de femmes arabes, pour la plupart d’un certain à¢ge, qui attendaient de recevoir leur pension ou l’aide sociale. Un vieux musulman a commencé à  me parler dans un très bon hébreu pour me montrer que tout ces gens bénéficiaient des aides de l’Etat d’Israà«l et qu’en remerciement leurs enfants ou petits enfants allaient jeter des pierres sur les véhicules Israéliens qui passaient dans leurs quartiers, ou màªme pour certains s’engageaient dans des organisations terroristes pour « tuer du juif » !
Cet homme m’a encore dit que dans tous les autres pays arabes, il n’y avait pas d’aide ou d’avantages sociaux comme en Israà«l et que leur vie était bien meilleure ici que dans les territoires autonomes palestiniens.

Merci de prendre en considération tout ce que je viens d’écrire la prochaine fois que vous écouterez vos medias.


UNE FIN DE SEMAINE PRESQUE NORMALE A ASHKELON

Par Rachel Haddad - rach.hadd@gmail.com
www.desinfos.com - 2 mars 2008 -

A en croire les journaux télévisés francophones et notamment franà§ais ce soir, j’ai bien l’impression de ne pas vivre la màªme réalité. S’il est effectif que les représailles de l’armée israélienne aient été plus massives ces dernières 24h ayant causé selon la formule consacrée des "dommages collatéraux", je suis outrée de la manière dont les journalistes couvrent ces évènements.

Depuis plusieurs années, j’ai remarqué que le manque d’objectivité et d’impartialité étaient de mise, mais là  je crains que le lynchage médiatique contre Israà«l n’atteigne des sommets...

Quel pays au monde pourrait accepter d’àªtre la cible journellement de roquettes et ce depuis plusieurs années sans réagir ?

Quel pays au monde serait pressé de donner une partie de son territoire pour une hypothétique paix à  ceux qui la refuse obstinément et qui n’ont que pour seul objectif de détruire le pays d’Israà«l ?

Quel pays au monde pourrait se faire traiter de microbe et àªtre menacé d’éradication sans broncher, et ne susciter aucune émotion, sauf celles de se faire traiter de barbares ou génocidaires ?

Pourquoi ne pas dire que depuis 60 ans, Israà«l est le seul pays au monde a s’àªtre autant fait agressé ! Pourquoi ne pas dire que la "population palestinienne" souffre de la là¢cheté des pays arabes qui n’en ont cure et qui ne voient en eux qu’un outil de pression ?

Pourquoi ne pas dire que tout l’argent versé en 60 ans à  ces dits palestiniens aurait pu sauver tous les réfugiés du Darfour plus d’une fois au lieu de remplir les comptes en banque de leurs dirigeants corrompus ?

Pourquoi nous force-ce t’on a établir une paix avec un Monsieur Abbas qui n’a aucune gène à  reconsidérer la lutte armée contre nous comme une éventuelle possibilité ?

Pourquoi, Mme Rice, en future visite chez nous, ne vient-elle pas nous forcer la main à  l’Université de Sapir à  Sdérot ou à  la Marina d’Ashkelon ?

La Marina d’Ashkelon, justement dans l’après midi.
Vers 16H nous avons entendu un boum énorme à  400 mètres de chez nous, un boum d’un missile Grad causant des dégà¢ts et des blessés, des rondes d’ambulances, des gens affolés, et les questions de mon fils :

Maman, moi aussi je serai comme Ocher, je ne pourrai plus jouer au football ?
(Ocher de Sdérot a été amputé d’une jambe la semaine dernière) Papa va t-il aussi mourir comme le Monsieur de Sdérot ?
Que répondre à  mon fils ?

Que je souhaite faire la paix avec quelqu’un qui veut nous assassiner ?

Que je suis forcée d’approuver un accord de paix qui me mènera tà´t ou tard à  voir mon pays se faire détruire ?

Que je suis obligée de me soumettre au diktat hypocrite, voire mensonger des médias internationaux ?

Que je suis contrainte d’occulter la menace nazi-islamiste contre mon peuple qui je ne sais par quel miracle a réussi à  survivre ?

Que répondre, que faire ? En attendant le prochain Grad....

http://wwwmerieau-ecrivain.blogspot.com/2008/04/tmoignages-de-franais-vivant-en-isral.html


22/03/2008 : Point de vue d'un arabe, professeur de sociologie, sur le conflit Israà«lo-Palestinien
NOTRE ENNEMI PRINCIPAL

Par Sami Alrabaa, professeur de sociologie, vivant en Allemagne et commentateur des affaires arabes.

Jerusalem Report daté du 18 mars 2008

Traduit par Albert Soued, www.chez.com/soued/conf.htm pour www.nuitdorient.com

Nous autres Arabes, du moins nos régimes et nos médias, saisissons toute occasion pour dépeindre Israà«l comme le pire Mal au Moyen Orient. Un exemple récent, en janvier dernier, nous avons condamné Israà«l lorsque les Gazaouis ont fui en Egypte le blocus qui leur était infligé. Personne n'a mentionné les raisons du blocus.

Pendant plus d'1/2 siècle, les Arabes ont décrit Israà«l comme leur ennemi principal, une "force impérialiste", soutenue par les Américains, qui, en permanence, inflige aux Palestiniens "un génocide, la famine et les violations des droits de l'homme". Mais soyons sérieux, alors que nous déplorons l'existence de cet Etat, nous, les régimes arabes, nous sommes au fond très content qu'Israà«l existe. Nous avons un coupable à  blà¢mer de la misère et de la confusion de nos peuples. Si Israà«l n'existait pas, nous serions dans l'obligation d'inventer un autre ennemi à  accabler, par exemple, en demandant la restitution de terres arabes à  la Turquie (Province d'Iskanderoun) ou à  l'Iran (province de l'Arabstan).

Israà«l a cessé d'occuper Gaza et le Liban-Sud. Et pourtant, pour le Hamas et le Hezbollah, ce n'est pas assez! L'Egypte a récupéré jusqu'au dernier m2 toute sa terre, mais elle continue, à  travers ses médias et ses porte-parole à  tenir un discours hostile et provocateur à  l'égard d'Israà«l. L'animosité des Arabes est devenue un article de foi, une forme de "religion": Israà«l est un mal inacceptable et les Arabes en sont les victimes. Cela dépasse la logique, la nécessité d'une realpolitik et toute preuve tangible. Des cinglés comme moi qui croient dans la coexistence font l'objet de la fureur des médias arabes et sont menacés de "la colère divine".

Les médias arabes ont concocté toutes sortes de théories de conspiration. Israà«l n'occupe pas seulement une terre arabe et n'affame pas seulement les Palestiniens, il provoque toute sorte d'animosité entre les Arabes. Dans l'hebdomadaire du Caire Al Ahram (les Pyramides), Hassan Nafaa écrit le 26/01/08: "En persistant dans sa détermination à  créer la zizanie entre les Arabes, Israà«l a été à  l'origine des dissensions entre le Fatah et le Hamas. Il n'a pas ménagé ses efforts pour inciter l'Autorité Palestinienne à  reprendre Gaza et éliminer le Hamas et le Jihad Islamique de la Cisjordanie… Tel Aviv n'a jamais été sérieux à  propos d'une solution pacifique du conflit et reste ferme dans son double objectif de garder la terre et de diviser les Arabes"

Combien de fois Tel Aviv n'a-t-il pas demandé au régime Baa'thiste de Syrie de revenir à  la table des négociations? Les Syriens ont à  chaque fois refusé l'offre et ont insisté pour la récupération du plateau du Golan – "après on verra" disent-ils. Màªme si la Syrie récupère le Golan, le régime Baa'thiste de Damas restera provocant, soutenant les milices telles que le Hezbollah ou le Hamas.

Dans le màªme numéro d'Al Ahram, on trouve les résultats d'un sondage mené par "le Centre de recherche al Moustaqbal" de Gaza d'après lesquels le Hamas reste toujours populaire parmi les Palestiniens, alors que son rival le Fatah est en déclin, notamment en Cisjordanie. Essam Adwan, professeur de science politique à  l'Université d'al Aqsa à  Gaza n'est pas surpris disant "Bien que le niveau de vie des Gazaouis ait sérieusement chuté sous le gouvernement du Hamas, de larges secteurs de l'opinion palestinienne continuent de soutenir le Hamas, simplement parce qu'il est en guerre contre Israà«l!"

Cela n'est pas surprenant. Qui ose dire ouvertement qu'il s'oppose au Hamas ? Il serait abattu sur le champ.

En fait le Hamas et tous les régimes arabes ont pris en otage leur population. Personne n'ose plus s'opposer à  ces régimes autoritaires, risquant d'àªtre traité de traà®tre, emprisonné ou tué. Les régimes autoritaires ont besoin d'un ennemi extérieur. Les périls extérieurs, réels ou fictifs, garantissent le soutien de la population. Hitler et d'autres dictateurs ont procédé de la màªme manière et les despotes arabes continuent le processus. Jusqu'à  leur chute. En attendant que la démocratie et la liberté de parole soient introduites dans les pays arabes, que des partis d'opposition soient autorisés à  s'exprimer, que le discours agressif et venimeux soit éliminé des écoles et des médias, la flamme de la haine continuera à  flamber et les forces radicales continueront à  l'animer.

Lorsque vous parlez aux gens en privé, ils vous disent qu'ils sont fatigués et malades de leurs régimes. Ils veulent la paix avec Israà«l. Si des consultations libres et transparentes étaient tenues, la majorité voterait pour une complète coexistence avec Israà«l. Et parmi eux à  Gaza, on pourrait trouver peut-àªtre Ali, Nidal, Tawfiq et Moufid (qui ont refusé de donner leur nom de peur de représailles), qui ont dit à  un journaliste allemand que ceux qui ont défoncé la frontière avec l'Egypte essayaient de fuir le Hamas, la vie sous sa férule étant devenue insupportable.

http://wwwmerieau-ecrivain.blogspot.com/2008/03/point-de-vue-dun-arabe-professeur-de.html


15/03/2008 : Pour essayer d'àªtre objectif sur le conflit Israélo-Palestinien, il faut aussi s'intéresser à  la version israélienne... En voici une...
RAPPEL AUX NON-JUIFS
SOUTENIR ISRAà‹L, C’EST AUSSI DEFENDRE CERTAINES VALEURS FONDAMENTALES

Par Francine Girond pour Guysen International News

Jeudi 13 mars 2008

Lorsque des victimes civiles sont massacrées par des terroristes, c’est toute l’humanité qui est mise en péril.
Quand ces victimes sont des enfants, délibérément désignés avec préméditation, c’est le sens màªme de la vie qui échappe à  cette humanité.
Il serait simplement humain d’attendre une seule et unique réaction spontanée: la condamnation sans aucune condition, sans aucune nuance.

Or, s’il s’agit d’Israà«l, et d’enfants israéliens, une sorte de tabou refait toujours surface. Rares, dans les milieux non-Juifs, sont ceux qui condamnent cet acte barbare sans, au mieux, « comprendre » ce qui a poussé l’assassin ; au pire, le justifier.

Le soutien à  Israà«l revàªt quelque chose de suspect et sa critique systématique va forcément de soi, y compris dans les milieux intellectuels, enseignants, littéraires et bien formés. Et s’il arrive de vouloir entamer une discussion, deux attitudes, somme toute assez violentes, s’imposent : le déni de la réalité historique et l’accusation de partialité.
Alors qu’il ne serait pas interdit d’échanger sereinement des points de vues divergents sur la politique étrangère de n’importe quel pays, avec les màªmes principes de départ.

Par exemple, que ne faut-il pas aller rechercher sur internet le texte de l’ONU de novembre 1947 pour prouver quâ€™à  l’origine, c’est bien la création d’un état « juif » qui a été votée à  la majorité… et ce n’est pas suffisant parce qu’il est alors rétorqué qu’il faudrait s’insurger contre ce qui ressemble alors à  une théocratie, puisque certains peuples comme les Druzes ne peuvent pas en substance se reconnaà®tre dans cette définition. Alors, il faut expliquer qu’il existe un parti arabe, des Arabes élus démocratiquement à  la Knesset, selon la spécificité de cet Etat.

Que cela plaise ou non, la création de l’Etat juif d’Israà«l a légalement été votée, et soutenir l’existence de cet état, c’est défendre les valeurs de la démocratie et de la liberté d’opinion.

Mais la critique persiste : un intellectuel européen, universitaire de premier plan, m’objectait récemment qu’il fallait àªtre plus exigent avec Israà«l parce que, justement, ce pays était supposé se conformer aux règles de la démocratie alors que les dictatures islamistes voisines étaient dirigées selon des principes contraires à  la civilisation.
Si cette remarque est très juste, et elle le serait aussi pour nombre de pays européens, il n’en reste pas moins qu’elle n’est pas alléguée au bon moment. Ne serait-il pas tout aussi juste de hiérarchiser les priorités ? de commencer par lutter contre les violations des droits humains les plus meurtriers ?
Soutenir Israà«l, c’est défendre aussi les valeurs des droits de l’homme, et des droits de la femme. Et l’argument supràªme s’exprime : les Palestiniens de Gaza souffrent et crèvent… comment faire comprendre que, pour améliorer le sort des Palestinien, pour les sauver, on a vraiment intéràªt à  soutenir Israà«l ?

Peut-àªtre en posant quelques questions : selon le rapport publié le 6 mars dernier par différentes organisation humanitaires, le peuple palestinien de Gaza, dont la majorité des familles gagne moins de 1,2 dollars par jour, connaà®t la pire des situations depuis 1967.

Par ailleurs, Indy Khoury, la représentante en France de l’Autorité palestinienne ne cesse de conclure tragiquement qu’un blocus israélien empàªche, entre autres, l’arrivage de nourriture dans cette zone. Alors, s’il est impossible de faire parvenir des vivres à  Gaza et si les Gazaouis sont trop pauvres, comment se fait-il que, dans Gaza, les membres du Hamas, eux, soient bien portants et bien nourris, qu’ils puissent trouver de l’argent pour acheter des armes, ou du matériel explosif, et les introduire dans ce territoire ?
Il est peut-àªtre trop difficile de répondre objectivement à  ces questions, parce que, au fond, elles révèlent une violence intellectuelle trop pénible à  intégrer lorsque l’on est sincèrement persuadé du bien-fondé de la forme de son empathie avec « les Palestiniens », dans une globalité extràªmement artificielle. Parce qu’elles remettent en cause toute une formation culturelle sur ce que devraient àªtre les principes du bien – illustré par ceux qui ont l’apparence de la faiblesse et le monopole de la victimisation-, et du mal – incarné par ceux dont un postulat de départ leur a attribué la force par excellence, la force militaire visible ou encore éventuellement le soutien des Etats Unis.

Il faudra bien cependant qu’il ne soit plus insupportable de les entendre.

Et puis il faudra bien admettre, enfin, que, pour les Israéliens, précieuse est la vie d’un seul enfant, qu’il soit d’Israà«l ou de Palestine
http://wwwmerieau-ecrivain.blogspot.com/2008/03/pour-essayer-dtre-objectif-sur-le.html


15/03/2008 : TECHNORATI
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03/03/2008 : Présentation du roman "Docteur Malard ou la fuite mystérieuse", publié fin 2006 aux éditions Bénévent (d'après l'énigmatique affaire Godard...)

TEXTE DE QUATRIEME DE COUVERTURE
On se souvient du fait divers relatant la disparition d’un certain médecin acupuncteur de la région de Caen, disparu soudainement sur un voilier loué à  Saint-Malo en aoà»t 1999… Le praticien était accompagné de ses deux jeunes enfants.
L’affaire fit alors grand bruit et prit des allures de feuilleton durant des semaines, à  la radio et la télévision. à€ ce jour, cette disparition compte parmi les énigmes du vingtième siècle. Malgré de nombreuses recherches, on ne sait toujours pas ce qui s’est réellement passé dans cette famille…
Le roman, màªme s’il n’est que fiction, retrace cette sombre histoire en s’appuyant sur les faits réels. Il en donne une certaine version, notamment sur ce qui aurait pu arriver à  la femme du médecin, dont on retrouva des traces de sang au domicile des époux, ainsi qu’aux deux enfants. Puisque le crà¢ne de la fillette fut un jour remonté dans les filets d’un chalutier…
Une histoire mystérieuse et troublante, pleine d’émotion. Un drame passionnel… Pour lecteurs sensibles et curieux.

CHAPITRE I

Ce samedi-là , soit le vingt-huitième jour d’un mois d’aoà»t ensoleillé de l’année 1999, à  Tilly-sur-Seulles o๠il demeurait, le docteur Yvan Malard ne changea rien à  ses habitudes. Il fit comme de coutume…
En fin de matinée, il partit donc au café-tabac du village avec ses deux enfants, Camilla, six ans, et Marcus, cinq ans, qu’il venait de prendre au sortir de l’école ; il s’y rendait de temps à  autre pour se détendre, seul ou non. Consommateur invétéré de cigarettes et lecteur assidu de certains magazines, ce bistrot plutà´t tranquille et discret lui avait tout de suite convenu. Dans cet endroit un peu retiré de campagne, il se sentait à  l’aise, et c’était devenu l’un de ses lieux favoris. Resté un peu sauvage, il fuyait toujours le monde lorsque son emploi du temps le lui permettait.
Arrivé dans le bistrot, le docteur s’installa comme toujours à  la màªme table, tout au fond de la salle… Et acheta comme à  chaque fois, cigarettes, journaux et magazines, qu’il feuilleta en buvant des cafés crème. Pendant ce temps-là , ravis et pleins d’enthousiasme, ses enfants jouaient à  d’interminables parties de baby-foot ou de flippers.
Seulement, ce samedi-là , le docteur Malard avait bien du mal à  rester calme, à  se concentrer sur ce qu’il était en train de lire. Parce qu’aujourd’hui, il savait parfaitement qu’il ne parviendrait jamais à  se détendre, bien au contraire… Et les mégots s’entassaient dans son cendrier sans qu’il s’en rendà®t compte. à€ peine une cigarette terminée, qu’il en reprenait une autre…
C’est qu’il était très préoccupé, extràªmement soucieux ; plus que cela, màªme : il était carrément paniqué. Finalement, les jours avaient passé à  une vitesse folle… Et le jour « J », ce jour tant espéré, tant attendu, arrivait à  grands pas ! On y était presque… Le jour o๠tout allait se jouer, o๠tout devait se jouer. Alors, bien qu’il en fà»t extràªmement satisfait et soulagé, plus le moment se rapprochait, et plus il avait peur…
Aussi le docteur Malard ne tenait-il plus en place, tenaillé par une nervosité grandissante dont il n’était plus maà®tre ; mais en màªme temps, une grande joie l’empàªchant de craquer le submergeait, à  l’idée que sa vie allait enfin changer, et cette fois, dans le bon sens. Son cerveau en ébullition ne cessait de travailler, tandis qu’il semblait impassible, assis sur la banquette un peu inconfortable du café. Il regardait tout sans rien voir, ses mains soignées d’orfèvre de la chair pétrissant nerveusement les pages des magazines, et qui seules le trahissaient.
Si le docteur était aussi paniqué, c’est qu’il songeait à  ces derniers jours. Il se remémorait avec inquiétude, tristesse et lassitude les tout derniers évènements. Des évènements qui entravaient quelque peu la bonne marche de ce qu’il avait entrepris… Début aoà»t, il s’était enfin décidé à  prendre la grande décision, celle qui l’engagerait pour le restant de sa vie. Mais seulement après l’avoir longuement mà»rie, durant des jours et des jours. C’était donc pour lui une décision d’une importance capitale, d’une extràªme gravité. Une décision devenue d’ailleurs absolument irrévocable, et à  laquelle, hélas, Marion, sa femme, refusait toujours d’adhérer. Bien qu’il ait pourtant tout essayé depuis des mois pour la persuader, pour la convaincre, mais en vain… Elle continuait à  ne vouloir rien entendre. Bien sà»r, il le comprenait, elle avait deux enfants d’un premier mariage qui vivaient chez leur père, et qu’elle ne voulait pas laisser derrière elle… Mais lui aussi, était le père de deux grands fils issus d’une précédente union et auxquels il tenait également beaucoup ! Seulement, il estimait qu’ils étaient suffisamment grands et bien entourés, pour ne plus avoir besoin de lui trop fréquemment. Il trouvait donc qu’il devrait en àªtre de màªme concernant les enfants de sa femme.
Et puis, par la suite, rien n’empàªcherait qu’il fasse venir toute la tribu au complet pendant les grandes vacances ! Comme à  l’accoutumée… Là  o๠il partait, il était certain d’en avoir les moyens. Il faudrait, certes, prendre quelques précautions… Il ne tenait pas à  ce qu’on sache o๠il se trouve.
Et maintenant, voici qu’on y arrivait… cela y était vraiment… Le moment fatidique se précisait. Dans quatre jours, mercredi premier septembre exactement, ce serait le grand départ ! Il poserait enfin le pied sur le voilier qu’il avait retenu à  Saint-Malo depuis le 15 aoà»t, et en avant ! Finies toutes les turpitudes… Adieu la France et tout le reste ! Tout serait joué, et définitivement ! Enfin, presque…
Mais pourquoi Marion s’obstinait-elle donc à  ne pas vouloir le suivre ?… Peut-àªtre pensait-elle qu’ainsi, il renoncerait à  son projet ?… Elle savait pourtant bien que ce n’était plus un projet ! Que tout était maintenant en place, bien ordonné, bien établi… Qu’il était trop tard pour qu’il revienne en arrière. Mais elle faisait la sourde oreille, continuant à  ne pas vouloir y croire, ou à  faire semblant ! Elle s’y refusait totalement, obstinément… La politique de l’autruche, lorsque à§a l’arrangeait ! Cela lui ressemblait bien…
Bien sà»r, il n’ignorait pas qu’elle détestait àªtre en mer. Qu’elle n’avait pas le pied marin et avait une trouille bleue dès que à§a gà®tait un peu… Depuis leur mariage, durant ces cinq dernières années, elle ne s’était forcée à  l’accompagner qu’une fois ou deux, tout au début. Ensuite, elle ne voulut jamais plus. Elle l’avait toujours laissé y aller seul, ou encore, avec les enfants, lorsqu’ils furent en à¢ge et le souhaitaient. Mais il avait toujours su que cette situation la stressait… Et qu’elle tremblait à  chaque fois pour Camilla et Marcus, encore si petits et vulnérables. Bref, qu’elle n’était jamais tranquille…
Une des nombreuses raisons, sans doute, de sa nervosité croissante… Puisqu’elle était devenue, surtout ces derniers mois, de plus en plus nerveuse sans qu’il en comprenne d’ailleurs la raison véritable. Seulement voilà , il se trouvait que les enfants voulaient souvent l’accompagner. Et lui, justement, désirait leur faire aimer la mer… Comme son père la lui avait fait aimer autrefois.
Alors, à  présent que l’heure de ce départ tant voulu se précisait, était si proche, comment allait-il bien pouvoir s’y prendre, pour obliger Marion à  venir ? C’est qu’il lui restait si peu de temps, pour parvenir à  la décider… Et « L’obliger », oui, tel était bien le mot, malheureusement ! Il faudrait certainement la forcer pour qu’elle réagisse, pour qu’elle obtempère…
Il n’avait jamais prévu de partir seul, à§a n’aurait aucun sens ! Ce serait comme un abandon, et tel n’avait jamais été son dessein. Il tenait bien trop à  sa femme ! Et à  ses enfants, si adorables, encore si fragiles vu leur tout jeune à¢ge, et qu’il fallait protéger. Ils avaient besoin de leur père comme de leur mère, qu’ils affectionnaient autant l’un que l’autre.
Ses enfants, ses deux trésors… Et sa femme... Sa femme… Ah, Marion ! Son seul amour ! Il l’adorait. Il l’aimait tellement… Plus qu’elle ne le pensait. Mais il ne savait pas le lui dire ni le lui montrer. Dans sa famille, on n’était guère démonstratif cà´té affection… Il n’y avait pas été habitué. Marion devait en souffrir, c’était certain, et il en avait souvent conscience ; elle devait prendre cela pour de l’indifférence…
Mais là -bas o๠ils iraient, rien ne serait plus pareil ! Il se laisserait aller… Il ne serait plus aussi coincé, il respirerait enfin. Il n’aurait plus les soucis d’avant, il lui montrerait tout son amour ; tout cet amour si fort, si profond, qu’il détenait toujours au fond de lui, pràªt à  ressurgir avec fièvre, mais qu’il avait enfoui par obligation, sous le poids des trop nombreux avatars qui l’avaient terrassé tout au long de sa vie professionnelle. L’empàªchant du màªme coup de pouvoir donner libre cours à  ses sentiments réels…
Bientà´t… Oui, bientà´t, il pourrait l’aimer comme autrefois… Comme au tout début, au commencement de cette rencontre magique, o๠une fascination réciproque s’opérait instantanément entre eux à  chaque fois. Et tous deux pourraient à  nouveau revivre pleinement leur passion, peut-àªtre màªme avec plus d’intensité, leur nouveau contexte s’y pràªtant encore davantage…
Mais, si… si malgré tous ses efforts pour la décider, Marion demeurait intransigeante et butée et ne le suivait pas ?… Eh bien, il aurait beau en àªtre désespéré, mais ne pouvant la traà®ner de force, il était déterminé : il partirait de toute faà§on. Puisque son choix était définitif et qu’il ne voulait ni ne pouvait plus reculer ; puisqu’il avait tout prévu dans les moindres détails… Et il emmènerait ses enfants ; il était hors de question qu’il s’en séparà¢t ; il avait assez souffert comme à§a lors de son divorce, lorsqu’il avait fallu qu’il se résigne aux seuls droits de visite… Il ne voulait pas revivre le màªme calvaire une seconde fois. Peut-àªtre que cela, et cela seulement, déciderait Marion, la ferait changer d’avis, l’obligerait à  venir… Elle ne supporterait sans doute pas d’àªtre privée de ses enfants. D’autant qu’elle aussi était marquée par son divorce pour les màªmes raisons… Elle préfèrerait encore partir, très certainement. De toute manière, en admettant màªme qu’elle restà¢t dans un premier temps, – sans doute par fierté, pour ne pas céder, ne pas avoir l’air d’abdiquer trop rapidement – il était presque sà»r qu’elle craquerait tà´t ou tard, et sà»rement très vite, et qu’elle les rejoindrait par la suite… Du reste, il s’y emploierait sans répit.
C’est pourquoi plus le docteur Malard voyait avec bonheur les jours s’enfuir, et plus il appréhendait en màªme temps la chose. Réalisant plus que jamais le mal qu’il aurait à  ce que Marion changeà¢t d’avis, combien elle n’avait vraiment pas du tout envie d’entreprendre un tel voyage… Un voyage qui semblait lui paraà®tre avec certitude comme étant une aventure par trop hasardeuse, malgré qu’il usà¢t de tous les arguments possibles pour enfin chasser tous ses doutes.
D’ailleurs, n’avait-elle pas déjà  acheté les cartables des enfants pour la rentrée des classes prochaine ?… Elle les avait déposés bien en évidence sur une étagère, comme pour le narguer, comme pour lui signifier qu’il perdait son temps à  vouloir la convaincre ; que leur vie était ici, ne pouvait àªtre que là , et qu’on ne pouvait déroger à  certaines habitudes essentielles… Ne lui avait-elle pas également pris des rendez-vous pour tout le mois de septembre sur son carnet, à  son cabinet médical de Caen ?… Comme pour le dissuader de s’en aller ? Comme pour lui dire qu’il fallait qu’il reste, puisque de nombreux patients avaient besoin de lui ?…
Pourtant, elle savait bien que tout cela n’était qu’illusoire, elle savait bien, que…
Le docteur Malard venait de croiser sans le vouloir le regard du buraliste, lequel était justement en train de l’observer du coin de l’œil ; ce dernier détourna aussità´t les yeux discrètement, feignant de s’intéresser à  de nouveaux clients ; mais à  part lui, aujourd’hui, il trouvait l’acupuncteur un peu tendu, un peu nerveux ; lui, d’habitude toujours si calme, tournait machinalement les pages des magazines d’un geste un peu brusque, l’air ailleurs, comme s’il pensait à  autre chose et ne lisait pas. Il n’en fit pas l’observation, il ne se le serait pas permis, màªme en plaisantant, bien que le praticien fà»t admis au village comme quelqu’un de pas fier et de plutà´t sympathique. Il était habitué au docteur, à  ce client pas comme les autres, qui n’était jamais loquace avec qui que ce soit, mais dont les gens de Tilly-sur-Seulles, y compris lui-màªme, s’étaient plutà´t bien accommodés, respectant son espèce de mutisme bienveillant et ne s’étonnant plus de ses silences ; parce que le toubib était gentil juste ce qu’il fallait, n’hésitait pas à  venir lorsqu’on avait besoin de ses services, avait souvent fait régresser certaines maladies avec ses petites aiguilles, (alors qu’on avait essayé sans succès bien d’autres traitements auparavant) et n’insistait jamais si l’on avait du mal à  le payer ; et c’était là  le principal, c’était màªme plus que ce que les gens attendaient. En outre, tous les villageois avaient pu constater que sa femme et lui étaient la discrétion màªme, ce qui plaisait plutà´t dans ce petit coin de France o๠une certaine pudeur était de mise ; quant à  leurs enfants, tout le monde les aimait : ils étaient aussi mignons que bien élevés. à€ cause de tout ceci, le docteur avait de quoi àªtre bien accepté par tout un village, et màªme respecté…
Yvan Malard, qui avait aussità´t repris le fil de ses pensées, à  cet instant précis était en train de se dire : « Mais enfin… Je ne comprends pas ! Pourquoi Marion ne veut-elle pas tirer un trait sur une vie qui l’ennuie, puisque je lui en donne justement l’occasion ?… Je me rends bien compte, contrairement à  ce qu’elle pense, qu’elle ne s’épanouit plus… Que depuis environ deux ans, elle ne trouve plus de goà»t à  cette « routine » qui est devenue la sienne, comme elle dit. Emmener chaque jour les enfants à  l’école, aller les chercher, s’occuper des courses et du ménage, et venir trois fois par semaine tenir le secrétariat de mon cabinet de Caen, ne la satisfont plus. Je l’ai vue petit à  petit déprimer…
Et voici que maintenant, elle qui n’aspirait pourtant qu’au calme et aux plaisirs champàªtres, elle qui détestait la vie citadine, ne trouve plus plaisir non plus à  habiter dans un petit village… Màªme si elle avait tout d’abord adoré notre maison du hameau de Juvigny, dans ce charmant village qu’est Tilly-sur-Seulles…
à€ l’époque, pourtant, les rénovations apportées à  cette ancienne bergerie pour la transformer en habitation fonctionnelle semblaient la combler de joie… Elle avait màªme accepté avec enthousiasme, alors que les travaux n’étaient pas terminés, qu’on y fasse notre repas de mariage avec la famille et les amis…
Notre mariage… Le 16 juillet 1994… Cinq ans déjà  ! C’est si loin…
Ah, cette belle journée, tous réunis à  table à  l’ombre du pommier !…
Et lorsqu’elle avait emménagé définitivement dans notre maison enfin pràªte, elle était toujours aussi enchantée… Je la revois encore, toute excitée, riant de plaisir. Découvrant tout avec une ineffable joie. Visitant chaque pièce avec grand enthousiasme… Màªme par la suite, durant les premières années, je ne l’avais jamais vue une seule fois s’ennuyer. Elle trouvait alors toujours tout et n’importe quoi le plus charmant du monde… Les balades à  vélo le dimanche dans la campagne environnante, le long de la Seulles o๠l’on se baigne l’été… Juste à  cà´té de la maison ! Les pique-niques, les grillades en plein air… Et les bains de soleil en juillet et aoà»t sur les plages de Saint-Malo… Seulement, voilà , c’était au début… ».
Et c’était bien après que tout avait changé, ainsi qu’avait pu le constater Yvan Malard, continuant d’y penser.
Petit à  petit, insidieusement, un certain ennui s’était emparé de Marion, semblant la ronger de l’intérieur. Et plus grand-chose ne semblait l’intéresser ; hormis peut-àªtre, malgré tout, les trois jours par semaine o๠elle venait rejoindre son mari au cabinet médical. Il est vrai que là , elle n’était plus tout à  fait la màªme : elle redevenait affable, souriante, semblant revivre ; d’ailleurs, tous les patients l’appréciaient.
Le docteur s’était alors dit que la ville semblait maintenant mieux lui convenir que la campagne. Sans doute aussi, parce que l’aménagement de leur maison n’avait pu àªtre continué, faute d’argent… Leur intérieur, pourtant meublé et décoré à  l’ancienne comme ils l’avaient tous deux souhaité, était néanmoins rudimentaire, manquant de réel confort. D’autant que la Seulles, cette rivière toute proche, trop proche, y était également pour quelque chose ; aussi charmante et agréable qu’elle fà»t, elle apportait aux riverains pas mal d’inconvénients. Notamment, une humidité permanente dans la maison, qui obligeait à  protéger les appareils ménagers en les isolant ; comme le réfrigérateur, par exemple, installé sur cales… Avec, en prime, une moisissure obligatoire sur tous meubles et tissus, ainsi que sur certains murs recouverts de salpàªtre par endroits. D’oà¹, une odeur persistante de moisi dans toute l’habitation… Et puis, il y avait de surcroà®t les inévitables rats venus de la rivière, et qui s’aventuraient parfois dans la maison, en quàªte de nourriture… Mais il ne fallait surtout pas mettre de « mort-aux-rats », par peur d’empoisonner leurs deux chats, qui, eux, réussissaient parfois à  attraper les rongeurs, qu’on retrouvait alors occis dans l’une des pièces. Ce qui provoquait à  chaque fois une certaine panique chez la mère et les enfants…
Tout ceci avait évidemment de quoi faire déprimer n’importe quelle ménagère. Marion n’y échappait pas. Elle n’avait sans doute pas évalué à  juste titre tous ces inconvénients, en acceptant de venir habiter là . à€ présent, elle devait sà»rement déchanter… Certainement une autre des raisons de sa nervosité.
Et le docteur Malard s’en voulait amèrement de faire vivre ainsi sa femme et ses enfants, dans l’ébauche de ce qu’il avait souhaité àªtre un paradis. Malheureusement, ses revenus n’étaient pas suffisants ; ils ne lui permettaient pas de pouvoir apporter d’autres rénovations, qui seraient beaucoup trop coà»teuses ; les précédentes, déjà  énormes, n’étaient màªme pas fini de payer et tiraient très dur sur ses finances… Ni de les emmener ailleurs… Pas plus que d’offrir à  sa femme les services d’une employée de maison, comme elle le souhaitait et l’aurait mérité…
Mais Marion le savait bien. Et pour cause : lorsqu’elle travaillait au cabinet médical, c’était à  elle que les patients réglaient le montant de leur consultation. Elle tenait à  jour la comptabilité du cabinet sur son ordinateur ; elle connaissait parfaitement les recettes et les dépenses, ainsi que le maigre bénéfice qui en résultait… Elle n’ignorait donc pas non plus que depuis plusieurs années il était harcelé par les caisses sociales… La CARMF et l’URSSAF le poursuivaient parce qu’il refusait de payer ses cotisations. S’il refusait, c’est qu’il ne le pouvait pas, elle n’avait pu que le constater. Alors, depuis le temps qu’il ne les payait plus, évidemment, leur montant avait atteint une somme exorbitante… Si exorbitante, qu’il lui était devenu tout à  fait impossible de les honorer. Elle le savait aussi, et ils en avaient d’ailleurs parlé plusieurs fois sans trouver de solution. Et, le pire, c’est quâ€™à  présent, on le menaà§ait de saisie. à‡a, elle le savait également… L’étau se resserrait, il était pris à  la gorge.
Marion, très certainement, devait énormément s’angoisser en y pensant ; et il était plus que certain qu’elle devait en avoir assez d’une telle situation…
Yvan Malard se sentait donc acculé, pressé comme un citron. Il ne savait pas du tout comment s’en sortir et vivait perpétuellement avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tàªte. Son caractère, déjà  plutà´t renfermé, en avait encore pris un coup supplémentaire et ne s’en était que plus accentué.
Mais comment aurait-il pu satisfaire ce paiement ? Il avait beau avoir une assez bonne clientèle, avec les impà´ts, les charges de toute sorte l’assaillaient de toute part… Et cela ne lui laissait à  la fin du mois que tout juste de quoi pouvoir subvenir à  peu près décemment aux besoins des siens. Il était évident qu’il se fà»t trouvé un peu plus à  l’aise s’il n’avait eu à  verser une pension alimentaire pour ses fils. Mais à  peine plus…
Tout cela, Marion le savait bien, se répétait le docteur. Alors, pourquoi s’accrochait-elle à  de l’éphémère ? à€ du dérisoire ?… Alors qu’il avait trouvé une solution, « la » solution, et qu’il lui proposait du solide, du vraiment fiable ?… De quoi se refaire, de quoi tout recommencer ? à€ quarante-cinq et quarante-trois ans, ce n’était pas trop tard, mais il était grand temps… De quoi réaliser tout ce à  quoi il tendait depuis toujours, et en rendant tout le monde heureux ?
Ils vivraient tous dans un pays magnifique, merveilleux, o๠il fait toujours beau et chaud. O๠la végétation est exubérante et ses parfums subtils et voluptueux… O๠les plages étincelantes de blancheur sous un soleil toujours présent, offrent leur sable velouté et l’ombre de leurs cocotiers se reflétant sur une mer tiède et transparente… O๠l’on peut nager, se bronzer, et faire du bateau toute l’année. O๠les gens vivaient simplement et avaient l’air plus gai… Avec qui il devait donc àªtre plus facile de nouer d’agréables relations amicales et bon enfant, sans arrière pensée aucune… De vraies relations, d’o๠toute hypocrisie serait bannie et avec qui la vie deviendrait un bonheur permanent et durable. Et surtout, o๠on le laisserait pratiquer la médecine selon ses aspirations… Une médecine qui donnerait de bien meilleurs résultats qu’ici, il en était certain ; puisqu’il pourrait se servir, comme il l’avait toujours désiré, de médicaments non autorisés en France.
Et quand bien màªme, si, sur place, il se trouvait une autre opportunité intéressante à  saisir… Il pourrait néanmoins pratiquer occasionnellement ses séances d’acupuncture, renforcées d’un traitement à  sa faà§on. Parce qu’en tant que médecin généraliste et acupuncteur, il avait mis au point une thérapie qu’il jugeait sans faille : mais c’était avec ces médicaments interdits, qu’il avait fait venir de Suisse et de Belgique… Et on avait tà´t fait, alors, de le remettre en place, pour « Exercice illégal de la pharmacie ».
« De toute faà§on, tout a mal commencé pour moi dès le début », se souvint le docteur Malard avec amertume.
« Déjà , ma thèse n’avait pas eu très bon accueil, et je voyais bien que mes pairs la dédaignaient poliment… D’ailleurs, c’est bien pourquoi j’avais préféré quitter le milieu hospitalier et m’installer avec un autre médecin. Là , je pensais àªtre enfin tranquille pour exercer selon mes souhaits… Mais non ! Il a fallu que, là  encore, on ne me foute pas la paix ! Et ma réputation de toubib en a pris forcément un sale coup : le Conseil de l’Ordre des médecins m’est tombé dessus et m’a suspendu trois mois, pour des pratiques soi-disant peu orthodoxes ! C’était un comble ! Alors que mes patients, eux, étaient satisfaits…
« N’est-ce pas surtout à§a qui compte ? Parvenir à  soigner ses malades avec un résultat positif ? Les soulager, et màªme, souvent, les guérir ?...
« Des reproches, toujours des reproches… et injustifiés ! On vous juge, sans màªme vouloir approfondir ! Sur la forme, et non sur le fond !
« Franchement, il n’y a vraiment qu’en France qu’on est aussi sectaire, aussi conservateur, aussi retardataire ! Eh bien, moi, je dis : vive une médecine libre, lorsqu’elle s’avère bonne, non dangereuse et qu’on en a toutes les preuves ! Après tests et résultats concluants, naturellement …
« En tout cas, ce n’est pas étonnant, finalement, que beaucoup partent ailleurs ! Là  o๠on nous laisse notre libre arbitre, dans la mesure o๠il est reconnu que ce qu’on fait est un bien pour la société. Et surtout, là  o๠les charges de toutes sortes ne viennent pas nous enfoncer un peu plus, mais oà¹, au contraire, on reà§oit bien souvent de précieuses aides financières…
« Voilà  pourquoi je veux partir à  tout prix ! J’en ai plus qu’assez de tous ces tracas, c’est devenu intolérable ! Invivable…
« Bon sang ! Marion devrait pourtant comprendre que ce ne pourrait àªtre que bénéfique pour nous tous… Envolée, alors, sa nervosité, j’en suis certain ! Elle n’aurait plus d’idées noires et plus besoin de recourir à  certains dérivatifs…
« Comme ces séances de relaxation par hypnose, o๠elle se rend maintenant de plus en plus fréquemment… Quelle bàªtise ! Quelle dépendance ! Je ne le supporte pas, à§a m’exaspère ! C’est vrai, à§a ! A-t-on idée de se laisser manipuler de la sorte ! D’accepter de n’àªtre qu’un pantin entre les mains, de…. de…. qui sait ? Peut-àªtre un charlatan ! C’est carrément contraire à  mes principes. J’ai beau àªtre un peu marginal dans ma profession, j’ai malgré tout certains principes, et il y a tout de màªme des limites !
« à‰videmment, à§a l’irrite que je le lui fasse observer… Elle le sent comme une intrusion, comme un acte de phallocrate autoritaire dans ses choix personnels ; alors que c’est le médecin qui parle et qui essaie de la préserver… Mais elle ne le voit pas ainsi, et plus je critique, et plus elle est nerveuse. Et plus elle court chez son hypnotiseur !
« Le cercle vicieux…
« J’ai sans doute tort. Mais quand màªme, c’est bien la preuve que à§a ne va plus. Màªme entre nous…
« Parce que notre couple, il faut bien le reconnaà®tre, n’est pas au mieux de sa forme depuis déjà  un certain temps...
« Quand je pense à  nos premiers ébats amoureux… Si intenses, si passionnés ! Alors quâ€™à  présent, ils sont de plus en plus espacés, de plus en plus plats, de plus en plus fades… Les plaisirs du lit sont devenus rares. D’ailleurs, depuis plus d’un mois maintenant, ils n’existent màªme plus… Plus de ces cà¢lins affectueux, qui nous rapprochaient tant… De la faute à  qui ?…
« à‡a me rend malade, à§a me rend fou. Fou de douleur ! Et Marion est loin de s’en douter, j’en suis pratiquement sà»r…
« Mais comment avons-nous pu en arriver là  ?
« Pourtant, à§a ne vient pas de moi, j’en suis certain… à§a ne se peut pas. Non, vraiment, je ne le pense pas. Pour Marion, je n’en sais rien, mais quant à  moi, je suis toujours amoureux comme au premier jour… Ce jour merveilleux de notre coup de foudre…
« Oui, ce fut bien un coup de foudre, comme il en arrive peu souvent… Nous éprouvions alors une telle attirance physique !
« Pourquoi, maintenant, est-elle ainsi avec moi ? Aussi indifférente, aussi froide ?… Est-ce vraiment ma faute ? Pourquoi ne me comprend-elle plus ? Pourtant, elle devrait bien voir que je l’aime, qu’elle m’attire toujours autant… Elle est si belle ! J’aime tout, en elle. Son visage si romantique… le bleu de ses yeux, ses épais cheveux noirs… Son corps mince et souple aux formes épanouies, à  la silhouette harmonieuse… Ses sourires et ses rires… sa douceur et sa patience, sa sensibilité et sa gentillesse… En fait, elle a bien des qualités et je lui trouve peu de défauts…
« Après mon premier échec sentimental, c’était un vrai miracle. Une rédemption !
« Mais je n’arrive pas à  lui parler, à  le lui dire… J’en ai pourtant souvent envie… Je ne suis qu’un idiot ! C’est pourtant sans doute ce qu’elle attend. Toutes les femmes attendent qu’on leur parle, qu’on le leur dise… Elles n’attendent que à§a. Je sais… Je le sais bien !
« Je sais, mais je ne peux pas. Le parfait crétin…
« C’est vrai, que je suis trop renfermé… L’introverti, c’est moi ! « L’ours Malard, la gueule en pétard ! », comme me charriaient mes anciens copains carabins…
« Mais, ailleurs… Ailleurs. Oui, ailleurs, je le pourrai ! Tout sera différent.
« à€ moins que à§a ne serve plus à  rien et que je ne lui plaise plus… Puisque à§a n’a plus l’air réciproque. Mais pourquoi en serait-il donc ainsi ?... Qu’ai-je bien pu faire… ou ne pas faire ? Qu’aurais-je pu provoquer d’irrémédiable sans m’en douter ?... Ce ne serait pas ce départ, tout de màªme… Non… cela remonte bien avant…
« Parce qu’il est certain que cela fait longtemps maintenant que nos relations se détériorent. Je vois bien que Marion invoque de plus en plus fréquemment tous les prétextes possibles : tantà´t un mal de tàªte, tantà´t une grosse fatigue ; il y a toujours quelque chose… Je ne suis pas dupe, je vois bien qu’elle est lasse de tout, y compris de moi…
« Il n’y a que les enfants qui aient droit à  toutes ses faveurs… Mais à§a, c’est tant mieux ! Je ne suis que trop content que ma deuxième femme soit aussi maternelle… ».
Yvan Malard s’arràªta un instant dans sa diatribe, dans son monologue intérieur, afin de donner quelques pièces à  Camilla venue lui en réclamer pour continuer ses parties avec son frère. Puis il reprit le cours normal de ses pensées.
« Ce ne serait tout de màªme pas cet hypnotiseur ?… ».
Pourquoi allait-elle de plus en plus souvent à  ses séances ?… Cet homme, lui, en faisait ce qu’il voulait, lorsqu’elle était endormie. Pourquoi acceptait-elle cette dépendance-là  et pas la sienne ?…
Des séances de relaxation ! Des séances de relaxation… Mon Dieu, mais de quelle sorte ?… Qu’est-ce qu’il en savait, après tout ? Et puis, pourquoi Marion était-elle aussi pressée d’y aller à  chaque fois, hein ?… Et pourquoi, surtout, n’était-elle pas ensuite complètement sereine en revenant ? Bien relaxée, elle aurait pourtant dà» àªtre suffisamment détendue pour accepter ses avances ? Voire màªme, pour les provoquer, pourquoi pas ? Autrefois, elle n’était pas si farouche… Elle n’était pas la dernière à â€¦ Il trouvait cela bizarre…
Et voilà  que depuis, il était devenu jaloux de tous ceux qui croisaient le regard de sa femme ! Et cela aussi, à§a énervait Marion. Jaloux et ombrageux, lorsqu’il la voyait sourire à  d’autres hommes… N’importe lesquels : ses clients, les jeunes gens du village, et màªme leurs amis communs !…
« Mais je ne veux pas la perdre, je ne le supporterai pas ! Je l’aime trop ! Il faut qu’elle vienne ! », s’écria intérieurement le docteur avec fièvre.
« Il faut que nous partions définitivement, une fois pour toutes… Qu’elle me suive et qu’on n’en parle plus… Qu’on tire un trait sur tous ces gà¢chis, sur tous ces ratages !… Qu’on laisse derrière nous toutes ces merdes qui nous pourrissent la vie, qui nous détruisent à  petit feu, qui nous étouffent…
« De l’air pur ! Ailleurs, j’en suis sà»r, on se retrouvera comme au début… De l’air ! J’ai besoin d’air. J’ai besoin de respirer, et Marion aussi…
« Il faut absolument que je parvienne à  lui faire comprendre que c’est la seule solution pour nous tous… ».
Le docteur Malard levant la tàªte, sentit sur lui l’œil légèrement étonné du buraliste ; il réalisa qu’il manipulait depuis assez longtemps les magazines de faà§on machinale, en regardant ailleurs, et qu’il devait avoir un air inhabituel le rendant étrange aux yeux du commerà§ant. Il consulta sa montre. Il était temps de rentrer.
Il appela ses enfants et après qu’il eà»t réglé sa consommation sans un mot à  l’homme derrière son comptoir, tous trois sortirent sans prononcer une parole.
Habitués au silence de leur père qu’ils adoraient, Camilla et Marcus ne disaient jamais grand-chose en sa compagnie. Le dialogue avec lui n’était pas nécessaire ; à  ses comportements et ses regards, ils ressentaient son affection. Ils étaient surtout heureux qu’il soit avec eux et que dans la rue il les tienne affectueusement par la main.
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28/01/2008 : A TOUS CEUX QUI S'INTERESSENT AU SORT DES ANIMAUX, PARCE QU'ILS ONT CONSCIENCE QUE CE NE SONT PAS DES OBJETS MAIS DES ETRES VIVANTS POUVANT SOUFFRIR


Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu'il me souvienne l'horreur des tortures infligées aux bàªtes. Depuis la grenouille que les paysans coupent en deux, laissant se traà®ner au soleil la partie supérieures, les yeux horriblement sortis, les bras tremblants cherchant à  s'enfouir sous la terre, jusqu'à  l'oie dont on cloue les pattes, jusqu'au cheval qu'on fait épuiser par les sangsues ou fouiller par les cornes des taureaux, la bàªte subit, lamentable, le supplice infligé par l'homme. Et plus l'homme est féroce envers la bàªte, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent.

Louise Michel, Mémoires


La théorie des droits de l’animal selon Gary L.Francione

Pour l’abolition de l’animal-esclave

Nous adorons nos chiens et nos chats domestiques, raffolons des dessins animés ou des films animaliers, et cependant notre comportement à  l’égard des animaux en général prouve notre insensibilité et notre complicité passive devant leur immense souffrance. Tant que l’animal continuera d’àªtre une propriété et qu’il sera considéré comme un bien marchand, ses supplices se poursuivront. Le texte qui suit est une synthèse, effectuée par la rédaction du Monde diplomatique, des théories de Gary L. Francione pour l’abolition de l’exploitation animale telles qu’il les a exposées au colloque « Théories sur les droits des animaux et le bien-àªtre animal », à  l’université de Valence (Espagne), en mai 2006.
Selon le ministère américain de l’agriculture, les Etats-Unis, à  eux seuls, abattent plus de huit milliards d’animaux par an destinés à  l’alimentation ; chaque jour, plus de vingt-deux millions d’entre eux sont sacrifiés dans les abattoirs américains, c’est-à -dire plus de neuf cent cinquante mille par heure, seize mille par minute ! Malgré les progrès effectués ces dernières années, ils continuent d’àªtre maintenus dans des conditions d’élevage intensif effrayantes, mutilés de diverses manières, sans produit antidouleur, transportés sur de longues distances tassés dans des conteneurs exigus et insalubres, pour àªtre finalement exécutés dans les cris, la puanteur et la saleté d’un abattoir.

Les animaux sauvages ne sont guère logés à  meilleure enseigne. Aux Etats-Unis, environ deux cents millions sont, chaque année, victimes de la chasse. Des millions sont également utilisés pour la recherche biomédicale et l’essai de nouveaux produits. On mesure sur eux l’effet des toxines, des maladies rares, des molécules expérimentales, des radiations, des tirs d’armes à  feu, et ils sont soumis à  de multiples formes physiques ou psychologiques de privation. S’ils survivent aux expérimentations, ils sont presque toujours tués juste après, ou recyclés pour d’autres expériences qui, cette fois, auront raison de leur résistance.

Cirques, zoos, carnavals, parcs d’attractions, spectacles de dauphins et autres utilisent les animaux à  la seule fin de divertir. Près de quarante millions de bàªtes à  fourrure sont abattues chaque année pour la mode...

Avant le XIXe siècle, les animaux étaient considérés comme des objets. Màªme pour Descartes, un chien qui gémissait était semblable au crissement d’un mécanisme ayant besoin d’huile (1). Parler de nos obligations morales envers les animaux, « machines créées par Dieu », n’avait, pour l’auteur du Discours de la méthode, pas plus de sens que de parler de nos obligations morales envers les horloges, machines créées par l’homme.

Le principe humaniste du traitement médical des bàªtes souffrantes et l’application des lois sur le bien-àªtre animal qui en résulte supposent que nous acceptions de nous demander si la souffrance animale est inévitable. Si le fait de ne pas utiliser des animaux pour notre confort nous cause plus de préjudice que la souffrance n’en cause aux animaux. En général, l’intéràªt de l’homme l’emporte, et la souffrance animale est considérée comme un « mal nécessaire ». Par exemple, la loi britannique régulant l’utilisation des animaux de laboratoire exige, avant qu’une expérience soit engagée, une évaluation des « possibles effets nocifs sur les animaux concernés par rapport au bénéfice pouvant en découler (2) ». Pour qu’une interdiction de la souffrance animale ait une portée minimale, il faut qu’elle condamne toute douleur infligée uniquement par plaisir, amusement ou convenance (3).

Porter un manteau de fourrure, imposer aux cobayes de multiples tests pour les produits ménagers ou pour de nouvelles marques de rouges à  lèvres ne relève pas d’intéràªts vitaux pour l’àªtre humain. De màªme, manger de la viande est considéré par la plupart des nutritionnistes comme nuisible pour la santé. Par ailleurs, des experts écologistes ont souligné les dégà¢ts de l’élevage intensif sur notre environnement. Pour chaque kilogramme de protéines animales fourni, la bàªte d’élevage doit consommer environ six kilogrammes de protéines végétales et de fourrage. De surcroà®t, produire un kilogramme de viande requiert plus de cent mille litres d’eau. Alors que la production d’un kilogramme de blé en exige à  peine neuf cents…

L’incohérence entre nos actes et nos pensées au sujet des animaux vient de leur statut de propriété (4). Selon la loi, « les animaux sont des propriétés, au màªme titre que des objets inanimés comme les voitures ou les meubles (5) ». Les animaux sauvages sont considérés comme appartenant au patrimoine de l’Etat, qui les met à  la disposition du peuple ; mais ils peuvent devenir la propriété d’individus, en particulier par le biais de la chasse, du dressage ou du confinement. La « souffrance » des propriétaires de ne pouvoir jouir de leur « propriété » à  leur gré compte plus que la douleur de l’animal. Dès lors qu’il s’agit d’intéràªts économiques, il n’existe plus de limite à  l’utilisation ou au traitement abusifs des bàªtes.

L’élevage intensif, par exemple, est autorisé parce qu’il s’agit d’une exploitation institutionnalisée et acceptée. Les industriels de la viande estiment que les pratiques consistant à  mutiler les animaux, quelles que soient les souffrances endurées par ceux-ci, sont normales et nécessaires. Les tribunaux présument que les propriétaires n’infligeront pas intentionnellement à  leurs bàªtes des sévices inutiles qui diminuerait leur valeur monétaire (6). Les lois sur le bien-àªtre animal visent à  protéger les animaux dans la mesure o๠ceux-ci demeurent des biens monnayables. Les évolutions de l’industrie agroalimentaire en leur faveur répondent généralement à  des critères de rendement économique, les animaux ayant une valeur marchande (7).

Pour faire évoluer le statut de l’animal dans nos sociétés, nous devons appliquer le principe d’« égalité de considération » (selon lequel il faut traiter de faà§on égale des cas semblables), une notion essentielle à  toute théorie morale. Màªme s’il existe un grand nombre de différences entre les humains et les animaux, une chose fondamentale au moins nous rapproche : notre capacité à  souffrir.

Si notre désir de ne pas faire souffrir inutilement les animaux revàªt quelque signification, nous devrions alors leur accorder une égalité de considération. Le problème est que l’application de ce principe a déjà  échoué du temps de l’esclavage, qui autorisait des hommes à  exercer un droit de propriété sur leurs semblables. L’esclave étant considéré comme un bien, son propriétaire pouvait ne pas tenir compte de ses intéràªts si cela ne lui était pas économiquement profitable.

On admettait, certes, que l’esclave pouvait ressentir de la souffrance. Toutefois, les lois pour le respect de son bien-àªtre n’ont pas abouti, pour les màªmes raisons qu’échouent de nos jours celles pour le respect du bien-àªtre animal : aucune véritable limite n’est fixée à  notre droit de propriété. Les intéràªts des esclaves n’étaient préservés que lorsqu’ils généraient du profit pour les propriétaires ou servaient leurs caprices.

A l’heure actuelle, l’intéràªt d’un àªtre humain à  ne pas àªtre considéré comme propriété est protégé par un droit. Avoir le droit fondamental de ne pas àªtre traité comme une propriété est une condition minimale pour exister en tant que personne. Nous devons étendre aux animaux ce droit que nous avons décidé d’appliquer à  tous les hommes. Cela n’éradiquerait pas toute forme de souffrance, mais cela signifierait que les animaux ne pourraient plus àªtre utilisés comme source de profit. Pourquoi jugeons-nous acceptable de chasser des animaux, de les emprisonner, de les exhiber dans des cirques et des zoos, de les utiliser dans des expérimentations et de les manger, autrement dit de leur faire subir ce que nous n’oserions jamais infliger à  aucun àªtre humain ?

La thèse selon laquelle les hommes sont pourvus de caractéristiques mentales complètement absentes chez les animaux est contradictoire avec la théorie de l’évolution. Darwin affirmait qu’il n’existait pas de caractéristiques exclusivement humaines : « La différence d’intelligence entre l’homme et l’animal le plus évolué est une question de degré et non d’espèce. » Les animaux sont capables de penser, de sentir et de produire des réponses émotionnelles semblables à  celles des humains. Darwin notait qu’« un animal vivant en collectivité éprouve des sentiments d’amour envers les autres » et que les animaux sont réceptifs à  la détresse de leurs congénères.

Màªme si nous ne sommes pas en mesure d’évaluer la nature précise de la conscience animale, il semble évident que tout àªtre doué de perception est conscient et possède une existence mentale continue. Le professeur Antonio Damasio, un neurologue travaillant avec des personnes victimes d’infarctus cérébraux et de graves dommages au cerveau, atteste que ces malades possèdent ce qu’il nomme une « conscience noyau ». Les sujets souffrant d’amnésie transitoire n’ont aucune notion du passé ou du futur mais conservent une conscience de leur corps par rapport aux objets et aux événements présents.

Damasio affirme que de nombreuses espèces animales détiennent cette màªme conscience noyau (8). Le fait qu’ils n’aient pas de notion autobiographique de leur vie (du moins, à  notre connaissance) ne signifie pas qu’ils n’aient pas une existence mentale continue, ou qu’ils n’éprouvent nul intéràªt à  vivre, ou que les tuer leur soit indifférent. Les animaux possèdent une intelligence considérable et sont capables de traiter une information de faà§on sophistiquée. Comme les humains, ils communiquent avec les membres de leur propre espèce. Il est prouvé, par exemple, que les grands singes utilisent un langage symbolique.

Aucune créature, à  part l’homme, n’est peut-àªtre capable de se reconnaà®tre dans un miroir, mais aucun humain n’a non plus l’aptitude de voler, ou de respirer sous l’eau sans assistance. Pourquoi la capacité de se reconnaà®tre dans un miroir ou d’utiliser le langage articulé serait-elle supérieure, au sens moral du terme, au pouvoir de voler ou de respirer sous l’eau ? La réponse, bien entendu, est que nous le proclamons. Mais il n’existe aucune raison de conclure que les caractéristiques prétendument exclusives à  l’àªtre humain justifient le fait que nous traitions l’animal comme une propriété marchande. Certains hommes sont privés de ces caractéristiques, et pourtant nous ne les considérons pas comme des objets. Par conséquent, la question centrale n’est pas : les animaux peuvent-ils raisonner ? Ou peuvent-ils parler ? Mais bien : peuvent-ils souffrir ?

Si nous voulons que leurs intéràªts soient respectés, nous n’avons qu’un droit à  leur accorder : celui de ne plus àªtre assimilés à  de simples marchandises.

     
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28/11/2007 : Présentation du roman "L'étrange don d'Anaà¯s C.", paru aux éditions Osmondes en 2006. Un surprenant récit o๠se màªlent fantastique, amour et guerre...



Résumé : Architecte divorcée, Anaà¯s C., après une tentative de suicide, rencontre Vladimir Kovacic, séduisant médecin anesthésiste au CHU de sa ville ; ce dernier arrive des Balkans en tant que réfugié politique, ayant fui la guerre du Kosovo après y avoir perdu femme et enfant. Ils vont vivre tous deux un véritable coup de foudre. Ce, malgré le drame récent de Vladimir et malgré le don bizarre qui vient d'échoir à  Anaà¯s après son suicide...

Extrait du chapitre II

Plus l’heure passait et plus Anaà¯s C. était troublée… Elle se rendait compte combien elle était tombée totalement sous le charme de cet inconnu, ce qui augmentait un peu plus son émoi… Envolées pour la soirée, ses étranges visions ! Elle ne voyait plus rien, sinon Vladimir… Vladimir, qui la dévorait souvent des yeux, justement parce que ses yeux, à  elle, étaient encore plus beaux, plus clairs et lumineux, dans la lumière toute en douceur des bougies. Et, parfois, dans l’émotion vertigineuse qui la saisissait, elle ne savait plus o๠les poser…
De temps à  autre, Alexandra Kovacic, mi-amusée, mi-attendrie, les observait discrètement, leur lanà§ant de furtifs regards. Anaà¯s s’en aperà§ut, malgré ce trouble délicieux qui continuait à  l’envahir chaque minute un peu plus. C’est que Vladimir, qui avait comme tout le monde un peu bu, s’enhardissait… à€ sa plus grande joie, il lui faisait carrément un brin de cour…
à€ la fin du repas, Christian se leva de table pour mettre quelques CD dans la minichaà®ne Sony, pendant qu’Anne, aidée d’Alexandra et d’Anaà¯s, finissait de débarrasser. On repoussa table et chaises, et les deux couples commencèrent à  danser. Alexandra Kovacic y trouva prétexte pour prendre congé ; elle souhaita le bonsoir à  tout le monde et embrassa chaleureusement Anaà¯s, lui confiant qu’elle souhaiterait vivement la revoir.
Madame Kovacic à  peine partie, les quatre amis reprirent leurs danses. Pleins d’entrain et d’enthousiasme, Anaà¯s et Vladimir se dépensèrent avec leurs hà´tes sur quelques rocks and roll bien rythmés ; histoire de se mettre dans l’ambiance, de perdre un peu de leur trouble et d’àªtre plus détendus… Ils profitèrent ensuite de ce qu’Anne et Christian se soient rendus dans la cuisine chercher quelques rafraà®chissements pour s’asseoir et pouvoir enfin bavarder un peu. Pendant l’apéritif et le dà®ner, ils n’avaient pas vraiment pu faire connaissance. Ils avaient hà¢te de se découvrir…
« – Ainsi, vous àªtes une amie de notre chère voisine Anne ? Anne et Christian sont les seuls que nous connaissions dans cet immeuble. Les seuls à  nous avoir aussi bien acceptés et accueillis… Je ne savais pas qu’Anne avait une amie aussi charmante et sympathique. Et surtout, aussi ravissante ! déclara Vladimir, très enthousiaste.
– Merci ! répondit Anaà¯s, ravie et troublée. Oui, nous nous connaissons en effet depuis longtemps, Anne et moi… à€ vrai dire, depuis l’adolescence. Nous nous sommes connues aux Beaux-Arts et nous étions perdues de vue depuis des années. Anne avait choisi de partir vivre à  Paris… Nous venons juste de nous retrouver.
– Eh bien, la chance est avec moi, puisque vous vous àªtes retrouvées,ce qui me permet d’avoir le plaisir de faire votre connaissance…
– Mais, c’est réciproque… J’en suis très heureuse également ! Et c’est vrai que le hasard parfois fait bien les choses… Je suis vraiment contente de vous connaà®tre…, affirma avec conviction Anaà¯s, de plus en plus émue, qui enchaà®na : alors… d’après ce qu’Anne m’a confié, vous arrivez du Kosovo… Vous àªtes donc à  la fois Kosovar et Yougoslave, je suppose. Mais, àªtes-vous originaire de Serbie ou bien d’Albanie ? Ou encore, àªtes-vous Tzigane ?… D’après votre physique, je vous verrais plutà´t Serbe ou Tzigane… Je me trompe ?…
– Oui, un tout petit peu… Parce que si je suis bien Yougoslave, – enfin, d’ex Yougoslavie – je ne suis cependant ni Kosovar, ni Serbe, ni Albanais, ni Tzigane… Car je viens de Bosnie. Je suis donc aussi Bosniaque… Mais comme la Bosnie est constituée de gens venant de Serbie, de Croatie et màªme de Turquie, et que toute ma famille et moi-màªme sommes originaires de Croatie, je suis également Croate… Pour résumer, je suis avant tout un Croate de Bosnie, puisque avant de partir pour le Kosovo, – o๠m’attendait un poste d’anesthésiste à  l’hà´pital de Pristina – j’habitais à  Sarajevo, donc en Bosnie… Et si mon physique vous intrigue, c’est qu’il est métissé. Parce que, comme dans tout pays aux nombreux brassages, il y a eu pas mal de mélanges… Ce qui a été aussi le cas il y a bien longtemps de cela en Dalmatie, province croate de mes ancàªtres. Parmi ceux-ci on trouve, paraà®t-il, une Italienne et une Autrichienne… Qui seraient apparues du temps o๠la Croatie avait d’abord été occupée par les Vénitiens, et ensuite été attribuée à  l’Autriche…
La Dalmatie !… Ah, si vous saviez… la Dalmatie aux douces collines rocheuses… Le charme tranquille de ses villages, o๠le temps s’est arràªté… Ses magnifiques maisons de pierres blanches… L’adriatique aux eaux si limpides… C’est si beau ! Un jour, j’aimerais vous y emmener pour vous la faire connaà®tre… Enfin, si vous acceptez mon amitié. Mais, je m’égare… Pour en revenir à  ce que je disais précédemment, toutes ces précisions ont leur importance…, ajouta Vladimir, revenu à  des réalités moins poétiques. Parce qu’il vous faut savoir également, si vous ne le savez déjà , que les Serbes sont pour la plupart de religion orthodoxe, et les Croates plutà´t catholiques… Tout comme les Tziganes, d’ailleurs, qui viennent de Hongrie (dont une minorité est protestante). Tandis que les Turcs sont complètement musulmans, tout comme les Albanais, islamisés par ceux-ci… C’est bien compliqué, n’est-ce pas ? Mais c’est à§a, les Balkans : une vraie mosaà¯que ! D’o๠leurs difficultés…
– Certes, pour nous, c’est très compliqué ! », répondit Anaà¯s. Elle connaissait un peu par Anne le passé douloureux de Vladimir, et, par délicatesse, hésitait à  poursuivre. Ce fut Vladimir qui continua :
« – Je dois vous avouer que ma vie passée est plutà´t tragique… Et ce soir, je ne désire pas en parler… Ce soir, c’est fàªte, je ne veux pas le gà¢cher en remuant d’affreux souvenirs. L’heure est à  la détente, aux choses gaies, aux amitiés qui se nouent… J’espère bien qu’on se reverra par la suite, j’aurai ainsi l’occasion de vous expliquer en détail tous les évènements graves et dramatiques qui m’ont conduit à  quitter mon pays. Mais vous savez sans doute déjà  que je suis anesthésiste au C.H.U. de la ville ? Que je suis veuf et vis depuis quelques mois chez ma tante, qui a eu la bonté de m’accueillir chez elle ? Parce que, si j’ai préféré partir définitivement de l’ex Yougoslavie, quitter le Kosovo et ne pas retourner en Bosnie, c’est que plus rien ni personne ne m’y retenait. Je n’avais plus que ma tante… Et puis, je pense que c’est ce que j’avais de mieux à  faire, vu le désordre, la pagaille, les règlements de compte et la panique qui y règnent depuis la fin de la guerre et encore maintenant… Vous ne l’ignorez sans doute pas, vous avez dà» le voir aux informations télévisées. Ce ne sont que représailles incessantes, malgré l’US KFOR, ces militaires de l’OTAN toujours en faction au Kosovo avec les casques bleus… Et malgré la présence de Bernard Kouchner… Durant toutes ces épreuves, ma tante Alexandra, – c’est la sÅ“ur de mon père – n’arràªtait pas de m’écrire et de me téléphoner, me suppliant de venir en France… J’aurais bien dà» l’écouter tout de suite… Si j’étais parti dès le début des émeutes avec ma femme et mon fils, tous les deux seraient peut-àªtre encore vivants… Mais je ne pouvais quitter l’hà´pital de Pristina, c’était impossible, on y avait trop besoin de moi… En dernier lieu, Alexandra a réussi à  me convaincre et je suis parti… Elle avait peur pour ma vie, puisque je suis à  peu près le seul survivant de la famille. Voici qui est fait, et j’ai obtenu très rapidement l’asile politique dans votre beau pays… Que je connaissais déjà  et que j’adore… J’y ai fait mes études et y venais souvent en vacances, chez ma tante Alexandra. Elle vit en France depuis l’adolescence, elle est naturalisée franà§aise… C’est ce que je souhaite également obtenir bientà´t. Puisquâ€™à  présent, ma vie est ici… D’autant plus que j’ai eu la chance de trouver tout de suite ce poste d’anesthésiste aux urgences du C.H.U. Il faut dire qu’en France, on manque d’anesthésistes… C’est d’ailleurs pourquoi, dans vos hà´pitaux, on trouve des infirmières pratiquant également cet exercice, sous contrà´le de médecins. Voilà â€¦ à€ présent, je vous ai à  peu près résumé l’essentiel de ma vie passée et actuelle… Et en conclusion, il ne me manquait plus que de rencontrer une femme comme vous… Ou plutà´t, que de vous rencontrer, vous, pour àªtre tout à  fait comblé… précisa-t-il élégamment avec grand enthousiasme, ajoutant : mais… je suis inquiet… Vais-je vous plaire autant que vous me plaisez ?… ».
Anne et Christian étaient revenus depuis longtemps ; ils avaient disposés les différentes boissons sur la table. Parfaitement discrets, ils avaient respecté l’aparté de leurs invités… Anne, satisfaite d’àªtre à  l’origine de cette sorte de coup de foudre, aussi flagrant que réciproque entre son amie et le beau médecin slave, était allée discrètement mettre un CD de slows. Depuis, elle dansait avec Christian, et tous deux, également très amoureux, tournaient langoureusement, collés l’un à  l’autre.
En pleine allégresse, un moment attristée et angoissée lorsque Vladimir avait abordé la perte de sa famille, Anaà¯s lui avait répondu qu’il lui plaisait aussi, sans lui avouer combien… Songeant malgré tout, avec gàªne et répugnance, qu’il n’aurait pu àªtre avec elle ce soir sans cette tragédie. Et elle lui avait alors révélé, ce qui semblait avoir transporté celui-ci d’étonnement et de joie, qu’elle l’avait remarqué plusieurs fois dans son quartier, tout en désespérant un jour de pouvoir le connaà®tre… Vladimir lui avait alors pris la main et l’avait entraà®née sur la piste de danse. Et il y eut bientà´t deux couples d’amoureux tendrement enlacés, s’embrassant avec de plus en plus de passion...
Anaà¯s en oubliait son à¢ge… Elle avait l’impression d’àªtre à  nouveau adolescente, d’avoir vingt ans, comme au temps o๠avec Anne, elles flirtaient toutes deux dans les discothèques et les soirées d’étudiants… La communion de leurs corps devenait si forte, si intense, qu’un vertige commun les envahissait progressivement avec plus de violence, rendant leur désir réciproque de plus en plus impérieux… Et dans ce tumulte des sens, prélude au tout premier acte sexuel de deux àªtres qui se cherchent et n’en peuvent plus, Anaà¯s, à  bout de nerfs et de résistance, murmura doucement à  l’oreille de Vladimir :
« Il va àªtre deux heures… Si nous partions ? Allons chez moi, voulez-vous ? ». Vladimir l’étreignant avec plus de force, répondit dans un souffle :
« Partons ! ».
Il n’était pas question pour eux de perdre de temps en fausses pudibonderies… Ils en avaient déjà  assez perdu avec leur drame réciproque. Ils avaient passé l’à¢ge…
Et c’est cette nuit-là , qu’Anaà¯s et Vladimir devinrent amants et décidèrent de ne plus se quitter ; puisque environ trois semaines plus tard, Anaà¯s proposa tout naturellement à  Vladimir d’emménager chez elle. Ce qu’il fit sans se faire prier et avec beaucoup d’empressement, tellement il était fou amoureux.
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29/10/2007 : En écho à  mon article "Humeurs littéraires", voici une nouvelle extraite de mon recueil déjà  présenté, "Comme un noir soleil", paru en 2006.

EDITEURS,JE VOUS HAIS ! PORTES REFERMEES ; VOUS AVEZ TUE MA MERE !

Je m’appelle Eléonore et je viens d’avoir dix-huit ans. Pas de fàªte pour mon anniversaire, aucune joie. Seulement un trop plein de haine… Une haine tenace. Je hais les éditeurs ! Il n’y a personne que je ne déteste plus ! Ma mère est morte à  cause d’eux… Elle s’est tiré une balle dans la tàªte, un jour de grosse déprime. Mon père l’avait quittée il y a environ un an, elle avait eu du mal à  s’en remettre ; naà¯vement, elle pensait qu’il lui était tellement attaché qu’il ne partirait jamais. Depuis, elle supportait encore moins qu’on lui refuse à  chaque fois son manuscrit. Toute réponse négative la plongeait aussità´t dans un désespoir profond qui durait des mois.
Déjà , je l’avais vue petit à  petit s’user moralement d’années en années, quand elle envoyait par la poste des ouvrages dont personne ne voulait. Et pour lesquels elle guettait ensuite avec anxiété la moindre lettre. Une attente qui durait une éternité, souvent plusieurs mois. Ce qui ajoutait encore à  son supplice.

Oh, oui ! Je les hais profondément, ces affreux éditeurs ! Comment ne le pourrais-je ? Après ce drame, je ne peux bien sà»r que les haà¯r !
Et en premier, tous ceux qui ne pensent quâ€™à  faire du chiffre, au détriment des vrais talents littéraires. Ceux-là  ne sont plus que des marchands de soupe pour la plupart, que d’ignobles mercantiles ! Ils prétendent qu’ils ne peuvent agir autrement… que le monde de l’édition est en crise… Qu’ils ont trop de charges. Mon Å“il ! C’est surtout qu’ils ne veulent plus se battre pour faire connaà®tre de talentueux inconnus, oui ! Ils préfèrent l’argent facile, ce qui va leur rapporter gros sans trop se bouger le cul… Des histoires sans intéràªt, mais bien croustillantes ! Du genre petits potins des gens du show-biz ou assimilés… C’est trop injuste, à  la fin ! Et s’il y a des lecteurs pour acheter ce genre de bouquins, c’est qu’ils n’en sont pas vraiment… Pour moi, ce ne sont que des voyeuristes déguisés ! Les lecteurs d’aujourd’hui ne sauraient-ils plus lire ?... Ne rechercheraient-ils plus avant tout que la facilité, eux aussi ? S’il en est ainsi, c’est désastreux et écÅ“urant ! Là  encore, je suis tout à  fait d’accord avec ma chère maman… Parce que c’est ce qu’elle m’affirmait souvent.

Depuis toute petite, j’ai le souvenir de ma mère travaillant le soir dans son bureau, aussità´t le repas terminé. Elle s’y enfermait après un rapide bonsoir à  mon père, mon frère et moi-màªme. Sous aucun prétexte, nous ne devions la déranger. Elle écrivait toute la nuit, et ne se couchait que vers les deux ou trois heures du matin. Elle disait que sa meilleure inspiration lui venait le soir, qu’elle était plus tranquille… Je me souviens qu’au début, – je devais avoir dans les dix ans – j’entendais mon père sortir de sa chambre et redescendre pour la supplier de monter se coucher. Je le sais, parce que c’est vers cet à¢ge-là  que j’avais pris l’habitude de lire au lit avant de dormir ; et, bien sà»r, je ne savais pas m’arràªter… Mais mon père, par la suite, ne redescendait jamais plus. Il a dà» se lasser et y renoncer, à  force de toujours remonter seul…
Alors, à  la longue, – je l’ai compris depuis – c’est sans doute ainsi que mes parents ont perdu toute intimité. La passion que ma mère, du moins je le suppose, devait avoir éprouvée pour mon père, s’était transformée en une autre beaucoup plus abstraite, celle de l’écriture… Une passion dévorante, si envahissante, que plus rien d’autre ne semblait vraiment compter pour elle ; nous tous, passions bien après… Mais je pense quand màªme que si maman n’avait pas dà» tant galérer pour tenter de se faire publier, elle aurait été plus cool avec tout le monde. Et avec mon père en particulier, ce qui aurait empàªché leur couple de se détruire.

Mon frère et moi n’en souffrions pas trop ; elle nous donnait malgré tout l’affection dont nous avions besoin. Disons, pour àªtre tout à  fait honnàªte, que nous en recevions la qualité, plus que la quantité, mais que nous n’en ressentions pas de réelle frustration. C’est plutà´t notre père, qui en souffrait terriblement. Màªme s’il n’en disait rien, à§a se voyait à  son air, à  ses attitudes… Lui qui était d’un naturel plutà´t enjoué, est devenu triste et taciturne. On voyait bien qu’il n’était pas heureux. Il a quand màªme supporté comme il a pu très longtemps. Il devait toujours espérer… Et puis, il y a environ un an, peu avant mes dix-sept ans, il a fini par claquer la porte. Faà§on de parler, d’ailleurs, parce qu’il s’est plutà´t retiré sur la pointe des pieds… Depuis des années, il avait dà» par force s’y habituer, pendant que maman frappait avec frénésie sur son clavier… Toute la maisonnée avait pour consigne le silence, lorsqu’elle se trouvait dans son bureau… Et cette fois-là , il s’est retiré pour de bon, définitivement.
Màªme si à  présent je comprends encore mieux ma mère, j’estime que mon père a eu malgré tout beaucoup de patience. Je reconnais que cette situation n’était vraiment pas évidente à  supporter pour un mari. D’ailleurs, si mon petit ami se comportait comme maman, c’est une chose que je ne pourrais absolument pas accepter. Mais comme je vois que tout change avec les années qui passent, moi-màªme je ne suis peut-àªtre pas au bout de mes peines de ce cà´té-là â€¦

Toujours est-il que dans le cas présent, c’est bien à  cause de tout à§a, de cet abominable gà¢chis dans nos vies, si je hais autant les éditeurs ! Et doublement ! Parce que maintenant, voilà  qu’ils se réveillent enfin ! Quand c’est trop tard ! Je les tiens pour responsables… C’est quand màªme de leur faute, si je viens de perdre ma mère. C’était déjà  quasiment à  cause d’eux, si mon père était parti… Par leur faute, la vie de ma famille a été fichue en l’air ! J’ai dix-huit ans, et voici que je me retrouve seule avec mon frère à¢gé de treize ans… Quel beau départ dans la vie, pour lui et moi ! Nous partirons bientà´t vivre chez notre père. Mais rien ne sera plus pareil, notre mère est irremplaà§able…
Nous sommes brisés tous les deux, mon frère pleure sans arràªt, et moi presque autant. On a déjà  l’impression que notre vie est foutue, avant màªme qu’elle ne commence… Et pourquoi ? Parce qu’aucun de ces messieurs-dames des maisons o๠maman s’était adressée, n’avait alors daigné prendre le temps de s’intéresser à  ses textes… Et pourtant, ils auraient pu le faire avant, puisqu’ils l’ont bien fait depuis ! Il suffisait qu’ils le fassent, et nous n’en serions pas là  aujourd’hui… C’est horrible ! Je leur en veux à  mort !

Parfois, dans les réponses négatives que ma mère recevait, on lui mettait des annotations qui lui faisaient mal : « Narration trop classique », « Style trop traditionnel », formulaient certains, tandis que d’autres lui assuraient que ses histoires étaient intéressantes, originales et bien écrites, mais qu’ils étaient plutà´t à  la recherche d’une forme d’écriture particulière. Elle ne comprenait pas. Elle me disait : « Mais qu’est-ce qu’ils veulent donc ?... Peut-àªtre que si j’écrivais mes phrases à  l’envers, en commenà§ant par la fin, à§a leur conviendrait ? Là , ce serait vraiment particulier ! Et si j’écrivais des mots à  la suite, sans point, sans virgule, d’une seule traite ? Et pourquoi pas des textes du genre rébus ?... Ce qu’ils veulent, c’est peut-àªtre un style qui innove, màªme s’il est incohérent ou hermétique ? N’importe quoi, en fait, màªme si c’est merdique ? Eh bien, non ! Je refuse toute innovation de ce genre ! Faire original à  tout prix, dans le but de ne pas écrire comme tout le monde… et surtout, pour qu’il en soit parlé le plus possible, est uniquement une technique de vente, un coup de marketing ! C’est malhonnàªte pour le lecteur, à  qui l’on se doit de remettre un ouvrage qui lui apportera quelque chose, dont il restera quelque chose en refermant le livre… A moi, ce qui me paraà®t le plus judicieux, le plus motivant pour le lecteur, c’est déjà  de trouver un sujet intéressant ; et d’écrire dessus, de la faà§on la plus passionnante, la plus agréable possible… Concocter une histoire qui en soit vraiment une, et non un assemblage de mots, de lignes, qui forment des paragraphes énoncés tout exprès de faà§on inhabituelle afin de surprendre et de choquer.
Vian, Queneau ou Céline ont innové en leur temps… Ils ont màªme choqué parfois. Mais dans le bon sens : ils furent les premiers à  introduire le langage écrit sous une forme parlée, ce qui renforà§ait leurs textes en les rendant plus vivants. Et ce qui n’exclut pas pour autant que ce qu’ils racontaient se tenait, était de vraies histoires. On pourrait se poser la question suivante : quel est le plus important, l’écriture elle-màªme, ou le thème choisi ? Pour moi, l’un ne va pas sans l’autre. Un beau sujet qui est mal traité, ou une superbe écriture sur une histoire sans intéràªt, ne valent rien dans un cas comme dans l’autre… Est-ce que, Effroyables jardins, pour ne citer que celui-là , n’est pas un texte superbe et magnifiquement écrit, par hasard ? Heureusement qu’on en trouve parfois… Voilà  le genre de récit qui me va droit au cÅ“ur ! Une écriture d’une grande pureté… Directe, concise, sans fioriture, sans maniérisme… Michel Quint à  eu la chance de trouver une éditrice aimant un certain classicisme. Et quand je repense aux livres de Bazin, Mauriac ou Camus, par exemple… C’est bien de la narration classique, là  encore. Mais quel plaisir de les lire ! « C’est daté », disent certains… Ils ont tout faux ! Des sujets tels que, par exemple, Vipère au point, Thérèse Desqueyroux, L’étranger et La peste, seront toujours d’actualité ; ils sont indémodables ! Pour ma part, c’est vrai, je revendique nos racines latines… Le bon franà§ais se perd, celui des origines. Du reste, on le voit tous les jours… Tu l’as bien vu au lycée, Eléonore… En sixième, tu étais parmi les meilleures en franà§ais et il y en avait peu. Il faut voir le nombre d’élèves qui ne maà®trisent pas leur propre langue, arrivés à  ce stade… Vois-tu, j’aimerais me situer comme l’une des gardiennes de l’héritage littéraire de nos ancàªtres les plus célèbres. J’ai une telle admiration pour eux… Personne n’a jamais fait mieux jusquâ€™à  présent. Je suis une fervente adepte de Jean d’Ormesson et de ces quelques autres, qui tirent la sonnette d’alarme pour dénoncer que notre belle langue tend à  perdre ses lettres de noblesse. Déjà , je suis atterrée à  chaque fois, lorsque je lis les courriers que nous envoie Lucia, ta cousine. Cousus de fautes… Elle vient pourtant d’entrer à  hypokhà¢gne… ».

Mon Dieu ! Quand je me souviens de tout ce qu’elle me disait, ma mère, j’en ai immédiatement les larmes aux yeux… Et je jure bien que si ce n’était pour elle, par respect pour sa mémoire, j’irais les trouver, moi, ces crétins d’odieux éditeurs ! Pour leur dire ce que je pense ! Je prendrais avec moi leur maudite réponse, et je la déchirerais devant eux, cette lettre qui a tant fait souffrir maman ! Màªme celle que je viens de recevoir du dernier éditeur, à  qui elle avait sans y croire et dans un ultime sursaut adressé ses manuscrits… Et sur laquelle brillent enfin ces mots qui auraient été magiques pour elle, et qu’elle ne pourra jamais lire, malheureusement : « Nous avons le plaisir de vous informer que vos manuscrits ont été retenus pour publication… ». Et je leur en jetterais avec force tous les morceaux au visage, en crachant dessus !

Parce que moi, je me suis toujours intéressée à  ce qu’elle écrivait, ma mère. Et pas seulement parce que je suis sa fille. Forcément, quand on aime lire autant que moi…
D’ailleurs, j’ai toujours été sa première lectrice. Elle me faisait lire tous ses chapitres, dès qu’ils étaient achevés… Et elle attendait ensuite mon verdict. Bien sà»r, pas tout de suite, seulement quand j’ai eu douze ans. Et dès quinze ou seize ans, mon jugement se faisait de plus en plus objectif… Je n’hésitais pas à  donner mon point de vue sur ce que je jugeais àªtre les points forts et les points faibles de ses textes. C’est d’ailleurs ce qu’elle voulait, maman. Elle m’affirmait que je lui étais d’autant plus précieuse, et que c’était lui rendre service. J’étais devenue très critique… Je pense màªme que c’est ce qui m’a donné l’idée de mon futur métier. Critique littéraire… Comme à§a, je pourrais écrire de nombreux articles sur les livres de maman, et aider des auteurs dans son cas. En quelque sorte, la venger plus tard…

Donc, ma mère m’écoutait souvent et réécrivait certains passages. C’est fou, ce qu’elle a pu peaufiner ses textes ! Elle les reprenait sans cesse. Elle n’était jamais satisfaite. Une de ses formules préférées, pendant qu’elle travaillait : « La perfection n’est pas de ce monde, et c’est parfois aussi bien. Mais quand on pratique un art, on doit àªtre perfectionniste, ou alors s’abstenir. L’art est égoà¯ste, il demande beaucoup… Il faut tout lui donner. C’est la seule faà§on d’en obtenir satisfaction en retour. C’est d’ailleurs à  à§a, qu’on reconnaà®t le véritable artiste… ».
Une chose qui lui plaisait aussi énormément, c’est que je donne ses récits terminés à  lire à  mes amis du lycée. J’emmenais ensuite ceux-ci à  la maison, pour qu’ils lui fassent leurs commentaires. Nous passions ainsi tous ensemble des après-midis entiers à  commenter ses romans, à  les analyser. C’était passionnant, nous étions tous épris de littérature. Durant ces moments-là , maman revivait, exultait, oubliant pour un temps ses tracas d’auteur non reconnu. D’autant que mes amis appréciaient totalement ce qu’elle écrivait et lui assuraient qu’elle serait un jour connue. Certains d’entre eux étaient également ses élèves, puisqu’elle était prof de dessin dans mon lycée. C’est, du reste, grà¢ce à  sa profession, si elle avait beaucoup de temps libre pour écrire.
Maman me disait souvent : « Tu vois, Eléonore, les jeunes aiment ce que je ponds… La plupart des moins jeunes aussi, d’ailleurs. Tu sais que je donne mes textes à  lire à  certains de mes collègues… Je suis donc certaine que mes romans plairaient aux ados et aux adultes. Mes livres se vendraient forcément bien… Et dire qu’aucun éditeur ne veut me publier ! ». En général, à§a, c’était les jours de désespoir, quand elle venait encore de recevoir une réponse négative…

Et pourtant, oui, c’est vraiment bien, ce qu’elle a écrit, ma mère ! J’ai été sa première admiratrice. Son imagination féconde et étrange, sa faà§on de raconter, me surprenaient toujours. J’aimerais pouvoir écrire comme elle… Evidemment, j’ai mes préférences. Certains de ses textes me parlent plus que d’autres, certains me laissent perplexe, ou encore me touchent beaucoup moins. Mais à§a, c’est normal, c’est toujours ce que je ressens dans n’importe laquelle de mes lectures, auteur connu ou non… N’empàªche que j’estime que ma mère a beaucoup de talent ! Un réel talent d’écrivain… Pas comme certains, qui se prennent pour tels, simplement parce qu’ils jouent du stylo ou du clavier, et qu’ils sortent un nombre impressionnant de feuilles de leur imprimante. Aligner des mots, à§a, tout le monde peut le faire ! C’est la première chose qu’on nous apprend à  l’école… Je n’ai peut-àªtre pas vraiment la qualité pour en juger, et sans doute pas assez de pratique, mais vu que la matière o๠je suis la plus forte, c’est justement la littérature, et que je lis énormément, il m’est donc possible de comparer, d’analyser, tout en demeurant objective…
D’autant plus qu’il y a une chose qui s’avère absolument certaine : maintenant, je peux àªtre sà»re de ne pas m’àªtre trompée, puisque ceux qui ont pendant si longtemps ignoré maman veulent à  présent lui publier tous ses textes ! à‡a, c’est bien une preuve irréfutable !

Elle qui était constamment en quàªte de reconnaissance, me confiait souvent avec un extràªme désarroi : « Malheureusement, ma petite fille, un auteur n’existe, ne prend sa vraie dimension, que lorsqu’un éditeur lui donne droit de parole… C’est la seule faà§on qu’il a de devenir crédible. Sans l’éditeur, l’auteur n’est rien. Et puis, à  quoi sert-il d’écrire, si personne ne vous lit ? Alors, tu comprends, Eléonore, pour l’instant, c’est comme si mes textes n’existaient pas. Je suis un fantà´me qui tente vainement de se matérialiser… ».
à”, tous ces souvenirs qui font mal… toutes ces paroles de ma mère, qui résonnent à  présent dans ma tàªte… Bande de salauds d’éditeurs ! Vous ne pouviez pas vous décider avant ? Honte sur vous, qui l’avez fait mourir à  petit feu, qui l’avez amenée à  se suicider par désespoir !…
Oui, je vous hais de toutes mes forces ! Je vous haà¯rai jusquâ€™à  la fin de ma vie ! Et encore davantage, ceux qui lui avaient fait miroiter une publication… Ceux qui devaient lui adresser un contrat qui n’est jamais arrivé… Ceux qui lui en ont pourtant signé un, mais qui n’ont finalement jamais sorti son ouvrage… C’est ceux-là , les pires ! Parce quâ€™à  chaque fois, maman reprenait espoir, elle pensait voir la fin du calvaire, la reconnaissance de son travail. Et tout s’écroulait, tout était à  recommencer !

Par exemple, il y en avait eu un qui lui avait envoyé un e-mail lui annonà§ant qu’il voulait publier son avant-dernier roman… Qu’il allait lui adresser le contrat s’y rapportant. Mais le contrat ne lui a finalement jamais été envoyé, tout simplement parce que ma mère, qui a bien eu raison, ne voulait pas que ce soit la femme de l’éditeur qui réécrive tout un chapitre à  sa place…
Et quand je pense à  cette garce d’éditrice, surtout… La présidente des éditions du Manoir.… Celle avec qui maman travaillait en dernier. La pire, celle-là â€¦ Espagnole d’origine… Ferra, qu’elle s’appelait. Une vraie folle ! Une fieffée menteuse, et malhonnàªte, en plus… Faut voir comme elle a fait marcher maman. Un an et demi, qu’elle l’a menée en bateau… Et que je t’appelle, en flattant ma mère… En lui disant qu’elle aimait tout ce qu’elle avait écrit. Ses trois derniers romans, qu’elle lui avait retenus… Maman était enfin tranquille, à  ce moment-là . Elle avait reà§u les trois contrats, elle voyait enfin le bout du tunnel… Et pourtant, parallèlement, déjà , elle commenà§ait à  douter de la Ferra… Parce qu’il avait fallu les lui réclamer plusieurs fois, les contrats promis !
Ensuite, à§a avait continué à  àªtre désastreux… Les corrections expédiées par la poste, ou par e-mails et télécopies, posaient toujours problème. O๠elles n’arrivaient pas, et il fallait faire des relances incessantes, o๠lorsqu’elles finissaient par arriver, ce n’étaient pas les bons textes et ils étaient incomplets… Plusieurs fois, la Ferra fit le coup d’affirmer avoir fait l’envoi, mais c’était du pipeau. Elle prétendait ensuite que ce devait àªtre de la faute de la poste… Ma mère s’arrachait les cheveux, elle en était malade ! En fin de compte, elle n’a jamais reà§u le dernier bon à  tirer, le BAT, comme on dit, celui qu’elle venait de finir de corriger et qui aurait dà» àªtre donné à  imprimer. Mais c’était fait exprès… L’éditrice faisait tout trainer sciemment. Elle n’était plus en mesure de sortir le moindre ouvrage, elle devait de l’argent à  tous les imprimeurs… Aucun ne voulait plus travailler pour elle. Maman l’a su après. Des auteurs déà§us lui avaient écrit pour la mettre en garde… Certains se trouvaient dans le màªme cas qu’elle, d’autres, qui avaient pourtant été publiés, n’avaient jamais reà§u aucun droit d’auteur, tandis que d’autres encore se plaignaient d’avoir participé financièrement pour rien. Aux abois, l’éditrice allait jusquâ€™à  recruter des auteurs payants… En dernier lieu, une plainte avait màªme été déposée contre elle et la police venait de lui saisir son matériel. A ce stade, les éditions du Manoir n’existaient quasiment plus… Nul doute que cette dernière expérience encore plus malheureuse, n’ait achevé ma pauvre maman, la poussant au suicide !

Ainsi donc, un mauvais sort en a décidé, ma mère sera publiée à  titre posthume… De toute manière, en France il faut souvent àªtre mort pour àªtre reconnu. à€ se demander si on ne la publie pas maintenant que parce qu’elle s’est… Alors, ma vie durant, je m’emploierais à  faire honorer sa mémoire. J’essaierai d’àªtre pour elle, ce que Max Brode a été pour Kafka…
Et quand je pense que c’est ce qu’elle me confiait souvent, en riant d’un rire amer et désabusé, ma pauvre chère maman… Elle me disait : « Tu sais, Eléonore, j’aurais peut-àªtre la chance, moi aussi, d’àªtre publiée à  titre posthume, après tout ! Ce sera toujours mieux que rien ! Remarque, à§a me fera une belle jambe, une fois que je serai là -haut ! ».
Elle ne croyait, hélas, pas si bien dire, la malheureuse femme… Le destin est parfois si cruel, il est là  o๠on ne l’attend pas. Maintenant, je le sais, et l’avenir me fait peur…
http://wwwmerieau-ecrivain.blogspot.com/2007/10/en-cho-mon-article-humeurs-littraires.html


15/10/2007 : Aujourd'hui, je bloggue pour l'environnement ! On se doit de respecter son environnement, surtout par ces temps incertains...
Mon propos sera le respect de la vie animale, quelle que soit son espèce. Maltraiter, faire souffrir inutilement, ou tuer un àªtre vivant, juste pour satisfaire les passions humaines, relève d'un égoà¯sme forcené et cruel qui n'a plus rien d'humain. C'est pure barbarie, chose inconcevable à  notre époque !
En premier, j'ai donc choisi de parler de l'atrocité foncière que représente le spectacle des corridas. Pour cela, on peut se reporter à  mon article du 18 aoà»t 2007, o๠je les dénonce au travers d'une nouvelle faisant partie de mon livre paru en 2006, "Comme un noir soleil"... Cela donnera une idée à  ceux qui l'ignoreraient encore, de ce que représente réellement un tel genre de spectacle ! Et s'il reste malgré tout des personnes totalement insensibles à  la souffrance animale, je doute fort qu'elles le soient pour autrui... Pour illustrer ce sujet, lire ci-dessous un texte transmis par l'Alliance anticorrida.
En second, je propose l'une de mes nouvelles inédites, écrite il y a plusieurs années, sorte de conte, d'utopie pour un monde meilleur : "Métamorphose collective"...

Associations artistes et politiques unis pour dénoncer la corrida !
La conférence de presse organisée par la SPA à  Paris le 25 septembre 2007 fut l’un des événements visant à  réitérer face aux médias lâ€